Archive for the ‘Non classé’ Category

Thierry Davila, Marcher, créer

Samedi, octobre 8th, 2011
  1. P10: §1, cela dit, en faisant du mouvement le moyen d’obtenir une forme, ou en l’occurrence, une attitude, en utilisant le déplacement comme un outil privilégié pour la réalisation de la sculpture, cette pièce souligne la beauté plastique de la marche (…)
  2. P13: §2, Définition cinématique, citation Ampère: Cette science où les mouvement sont à considérer en eux mêmes, tels que nous les observons dans les corps qui nous environnent, et plus spécialement dans les appareils appelés machines”.

    Article cinéplastique

  3. P16: §1, Max Neuhaus, crée des manières d’actions qui combinent déambulation dans la ville – New York en l’occurrence – et découverte de sons, opérations qu’il décrit de la manière suivante (…) > description d’une marche collective.
    P16-17, cinématique de l’art – déplacement de l’atelier vers les galeries.
  4. P21: §2, déplacements généralisés des artistes > il est plus que jamais question d’explorer et d’amplifier, de systématiser le caractère plastique de la kinesthésie, la plasticité du mouvement, d’utiliser la cinématique comme cinéplastique (perso: cinélastique) (…) terme employé par Felix Faure en 1920. L’auteur y souligne notamment combien le qualificatif de plastique est trop communément attribué à des configurations figées alors même qu’il peut parfaitement caractérises des formes mobiles, en déplacement, comme par exemple “les mouvements rythmés d’un groupe de gymnastes (…)
  5. P22: Orozco, Alÿs, Stalker, Plastique en effet, ce nomadisme généralisé, dans le double sens du terme “qui a le pouvoir de donner la forme” telles ces matières plastiques moulées sur un extérieur – un modèle – qui les façonne, dont elles reproduisent ou prolongent, sous certaines conditions la configuration. Or, le marcheur est simultanément celui qui donne un profil à son chemin, ouvre ou trace une voie (…) le construit en fonction des accidents (…). Cette oscillation fonde la richesse et la pertinence de la cinéplastique, tout entière prise dans une dialectisation de la singularité du nomade (…)
    “aire intermédiaire d’expérience” Winnicott, (…) Ainsi va le marcheur: il est tout autant aux prises avec une géographie physique qu’avec une cartographie psychique”
    Cinéplastique, mouvement oscillatoire capable d’œuvrer entre intérieur et extérieur, elle se développe comme un mouvement dialectique, comme une dialectisation.
  6. P29: §2, marcheur contemporain dans la ville et moins dans le paysage.
  7. P30: Psychogéographique – “ce qui manifeste l’action directe du milieu géographique sur l’affectivité – les situationnistes, référence à la psychanalyse incantatoire. Rapprochement avec cinématographie
  8. P31: §1, la dérive “technique du passage hâtif à travers des ambitions variées”
    possible d’utiliser un taxi – “aide au dépaysement automatique” – pour dériver d’un quartier à un autre > accélérer le rythme du montage (…)
    Les agencement résultant de la dérive (…) sont ainsi essentiellement cinématographiques dans leur principe même d’existence (…) vivent principiellement d’un mouvement capable de produire une entre-deux, un entre-image créateur d’un exil nomade à l’intérieur même de la ville.
  9. P32: §1, rythme cinématogrpahique de la dérive.
    §2, série d’intervalle, la carte psychogéographique de Debord The Naked City (1957)- épaisses flèches rouges mettre en relaiton plusieurs quartiers de Paris, ordonnancement redistribué. Construite à partir d’écarts, comme un écart, de la même manière qu’un film n’expose le mouvement que parce qu’il est traversé par les intervalles qui séparent les images qui le composent soit matériellement (photogrammes), soit formellement (montage).
    (…) La dérive est un détournement cinématographique de la ville et de son architecture.
  10. P34: Diffuser les instants décisifs d’un déplacement, l’image cinématographique dans la dérive est destinée à cette opération, mouvement d’après un mouvement mais, plus sûrement encore, mouvement après un mouvement.
    (…)
    Le collage urbain et “atmosphérique” produit par la marche trouvant un écho, une reprise, dans le montage visuel et mouvementé des expériences enregistrées.

    Article Terres

  11. P35: §1, cinéplastique, construire un processus à partir d’un mouvement, d’inventer un agencement qui serait avant tout un trajet et ainsi donner forme au mouvement.
  12. P42: §1, Marche est donc c’est façon particulière d’ouvrir un espace et un sujet (…)
    §2, odologie, science du chemin créée par John Brinckerhoff Jackson pour analyser le style et restituer toute la mémoire du paysage.

Reprendre lecture P48.

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Thierry Davila, Marcher, créer, Le Seuil, collection Regard, 1991

Eisenstein, l’ancien et le nouveau

Vendredi, novembre 26th, 2010

Article de François Albera, Eisenstein dans la ligne. Eisenstein et la question graphique.

Personnellement: je vois un rapprochement avec la question du cinéma ornemental chez PA Michaud, Aby Warburg, et le cinéma graphique chez Willoughby.

  1. P80, §2: Eisenstein n’a que peu ou pas dessiné et, au contraire, il a récusé la ligne: sans sa correspondance avec Léon Moussinac, il manifeste une hostilité de principe envers «la pureté et virginité de la ligne» renvoyée au «maniérisme d’Ingres».
    §3, (…) la ligne est un contour statique, le squelette de la forme.
    §4, La ligne fait alors l’objet d’une redéfinition polémique dans le milieu artistique. Pour A. Rodtchenko, elle est le «facteur essentiel de la construction de tout organisme en général, le squelette… ou l’assise, l’armature, le système», mais elle est aussi «voie de passage, mouvement, heurt, limite, fixation, jonction, coupure». Ainsi, conclut-il, «la ligne a vaincu, elle a anéanti les dernières citadelles de la peinture (…)
  2. P81, §2: La ligne autonome de la peinture (qui auparavant l’«habillait») et la faisait disparaître.
    §5, libération des figures, «état d’apesanteur».
    alors qu’auparavant la loi de la chute des corps s’exerçait sur les personnages figurés qui reposaient toujours sur un «sol», elles ont désormais leur centre de gravité en elles-mêmes et se mettent à flotter.
  3. P82, §2: L’art moderne va abolir cette distinction en ne soumettant plus la peinture au «squelette» du dessin (Cézanne: «il n’y a pas de ligne»)
    §3 La ligne tracée d’un seul mouvement (uno tenore), la ligne en mouvement s’est émancipée de la structure des choses qu’elle était censée rendre visible, de l’ossature des apparence.
  4. P84, §3:  Il y a un certain paradoxe à voir exalter cette continuité de la ligne, cette dynamique ininterrompue chez un penseur – et un praticien – du fragment, du montage, du choc de la confrontation comme Eiseinstein.
  5. P85, §2: Qu’est-ce qui est, en effet, linéaire et discontinu au plan du signifiant, sinon l’écriture verbale? Si le dessin est une écriture, la déformation qu’on a évoqué tout à l’heure est moins l’effet de l’expression, de la subjectivité («le sismographe des émotions») que du montage d’éléments discrets que seule la linéarité paraît unifier.
  6. P86, §1: Se trouvent conjoints le linéarisme du trait continu et la décomposition des corps, visages, gestes en signes, en «mots»…
  7. P87, §1: (…) où les différentes parties du visage sont autant d’«éléments» à combiner, à monter en une «phrase» figure 7
    Personnellement: Je vois un rapprochement avec les propos de Fred Ritchin concernant l’aspect conversationnel du numérique
    §4 (…) il explique comment il obtient des figures continues par juxtaposition, dans le mouvement, de «signes» codant le visage, la bouche en l’occurence, en le référant à des signes arbitraires – ici des chiffres (3, 8). (Figure 8)
  8. P89, §6: Eisenstein, tiraillement entre le modèle de l’écriture, voire de la page, d’autre part, le modèle musical, mélodique. L’un porte en lui une fort intéressante idée de combinatoire synchronique tandis que l’autre implique l’enchaînement et se relie à l’idéologie de l’obraz comme totalité. Voir exemple bas de la page (Philippon portrait Louis Philippe, Lavater).
  9. P90, §1: voir figures pages 10a 10b. (!!)
    Le fait cependant de les disposer synchroniquement, en tableau permet au spectateur-lecteur des parcours différents, des lectures plurielles ou d’exposer des combinaisons multiples.
    (…)
    (il va ainsi «découper» des images médiévales, byzantines, chinoises, esquimaudes ou d’avant-garde à plusieurs dimensions afin de les séquentialiser). (figure 9)
    §6, logique de la bande dessinée, du roman-photo, mais surtout du jeu de l’oie…
  10. P91, §2: Ce type de proposition relève en quelque sorte de l’exposition du cinéma (et se relie aux expositions à proprement parler comme celle de la Fifo que Lissitzky met en scène à Stuttgart).
    voir exemples autour de la ligne dans Potemkine … Bien sûr ces séquentialisations jouent sur des rapports conflictuels, des ruptures ou des différenciations (c’est le montage dialectique) (…)
  11. P94, §1: Rapprochement au travail de notation de Trisha Brown
    Il s’agit précisément d’envisager le rapport du geste (signe) et de la mélodie en termes de «dessin»: (…) alors que chez la plupart des danseurs on distingue les «figures et pas hiéroglyphiques… apposés l’un à l’autre», on voit «le squelette de la danse».
    §3, Eisenstein «exposant» le film, privilégiant les variations et répétitions, et aspirant à des collages, montages et mises en scène «simultanées» à partir du modèle du tableau synoptique n’engage t-il pas ces formes d’«écriture» qu’annonçait W. Benjamin à partir de Mallarmé (…)
  12. P95, §2: Référence à Dan Graham, Godard (Histoire(s) du cinéma, Hans Farocki…

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Eisenstein, l’ancien et le nouveau sous la direction de Dominique Chateau, François Jost, Martin Lefebvre, Publications de la Sorbonne, Colloque de Cerisy, Paris, 2001

Article de François Albera, Eisenstein dans la ligne. Eisenstein et la question graphique.

Nelson Goodman, Manières de faire des mondes

Vendredi, septembre 3rd, 2010
  1. p. 47, §2: Résume ce qui précède – Un trait de style peut être un aspect de ce qui est dit, de ce qui est exemplifié ou de ce qui est exprimé (…)
  2. p. 48, §1: Et des poèmes ayant des sujets tout à fait différents pourront bien sûr exemplifier une structure donnée, comme la forme du sonnet, à tel point que les aspects d’une sorte de sujet peuvent être considérés comme des manières d’exemplifier une forme.
  3. p. 49, §1: Les propriétés stylistiques servent à répondre aux questions: qui? quand? où? Un aspect qui ne paraît pas indicatif en lui-même pourra se composer avec d’autres pour situer une œuvre; (…)
  4. p.50, §2: Le style concerne exclusivement le fonctionnement d’une œuvre comme symbolique.
  5. p.51, §1, 2: Exemple du ciel de Mandalay (…) Malgré tout, dans le présent contexte, on fait bien de restreindre le “style” aux œuvres, exécutions et objets d’art. (…) mais on a rarement tracé une démarcation nette pour séparer les traits stylistiques banals des aspects (…) qui ne sont pas stylistiques du tout. (…)
  6. p. 52 §2: N. G. parle de propriété absurde: (…) rien ne distingue notre propriété absurde des propriétés incontestablement stylistiques (…) Elle est en cela semblable à la taille ou la forme du choix d’échantillons que le tailleur utilise comme échantillon, non de ces propriétés, mais de la couleur et de la texture.
  7. p.52, §3: Maintenant, si on voit assez clairement ce qu’un choix d’échantillons de tailleur exemplifie ou non, avouons qu’il est souvent difficile de déterminer avec exactitude quelles propriétés une œuvre d’art ou une exécution exemplifient.
  8. p. 59: Autour de la citation verbale. équivalence entre les différentes expressions.
  9. p. 66, §1: Cependant, l’ennui dans le cas des tableaux vient de ce que (contrairement aux expressions) ils appartiennent à ce que j’appelle un système symbolique singulier. Chaque tableau est unique; le sens technique de réplique est tel qu’il ne peut y avoir de répliques d’images comme il est des répliques de mots. Il faut nous souvenir qu’une réplique et une copie sont des choses complètement différentes; (…)
  10. p. 66, §2: D’un autre côté, une photographie n’est pas unique. L’image photographique constitue un système symbolique multiple. La relation liant plusieurs épreuves d’un négatif est jusqu’à un certain point comparable à la relation qui lie plusieurs répliques d’un mot (…)
    Cas des mots: système symbolique autographique
    Cas de la photographie: symbolique allographique; c’est-à-dire que la relation liant les épreuves consiste en ce qu’elles ont été produites à partir du même négatif, alors que la relation qui lie les inscriptions consiste en ce qu’elles s’épellent de la même façon.
    (…) on pourrait accepter que la “duplication” pour les épreuves joue le rôle d’un analogue tolérable, bien que franchement inexact, de la réplique pour les inscriptions.
  11. p. 68, §1: Exemple sur la citation.
  12. p.68, §2: Pour la citation musicale: la notation détermine le champ de la réplique: deux exécutions de la même partition, encore qu’elles puissent différer autrement, constituent des répliques l’une de l’autre. Ainsi n’y aura-t-il aucune difficulté à ce qu’un morceau de musique contienne une réplique d’une autre morceau.
  13. p. 70, §1: (…) il n’y a effectivement pas de guillemets non sonores dans la notation musicale, vient de ce qu’en musique le son est le produit final.
  14. p. 74, §3: La question qui concerne la citation des gestes, soulevée à la fin de mon paragraphe introductif, je la laisse à la réflexion du lecteur.
  15. p. 87, §1: (…) un échantillon n’est l’échantillon que de quelques-unes de ses propriétés, et pas de toutes (…) N. G. donne des exemples.
    §3 pour résumer mon argumentation, un échantillon est échantillon de – ou exemplifie – seulement certaines de ses propriétés; et les propriétés avec lesquelles il a cette relation d’exemplification varient selon les circonstances (…)
  16. p. 89, §2: Qui recherche un art sans symboles n’en trouve aucun – si on prend en compte toutes les manières dont les œuvres symbolisent. Un art sans représentation ou expression ou exemplification – oui; un art sans aucun des trois – non.
  17. p. 90, §3: À vrai dire, un objet devient précisément une œuvre d’art parce que et pendant qu’il fonctionne d’une certaine façon comme symbole.
  18. p. 91, §2: Cinq symptômes de l’esthétique: (1) la densité syntaxique (2) la densité sémantique (3) une saturation relative (4) l’exemplification (5) la référence
  19. p. 92, §1: Et même pour ces cinq symptômes, le fait qu’ils arrivent presque à des devenir des conditions disjonctivement nécessaires et conjonctivement suffisantes ( comme un syndrome), pourrait bien plaider en faveur d’une redéfinition des frontières vagues et changeantes de l’esthétique.
  20. p. 94, §2: La manière dont un objet ou un événement fonctionne comme œuvre explique la manière dont, à travers certains modes de référence, ce qui ainsi fonctionne peut contribuer à une vision – et à la construction – d’un onde.
  21. p. 98: Référence à Kolers. Le phénomène le plus simple et le mieux connu de mouvement apparent a lieu lorsqu’on expose très brièvement une tache ponctuelle sur un fond contrasté, suivie, après un intervalle de 10 à 45 millisecondes, de l’exposition d’un point semblable à courte distance (…)
    N. G fait aussi référence à Exner, et Wertheimer.
  22. p. 100: Expérience Kolers sur la transformation du cercle en carré.
  23. p. 101, §2: Pourquoi alors ne pas renverser notre position, et considérer deux figures d’autant plus semblables qu’elles se transforment facilement et doucement l’une en l’autre? (…) que presque n’importe quelle différence entre deux figures se résout en douceur. Le changement apparent n’est pas un instrument susceptible de fournir une mesure de la similitude. (AMP, 46 sq).
  24. p. 102: Détail sur l’expérience de Kollers, Kollers: Si toutes les formes à deux dimensions [et à trois dimensions] sont membres d’une même classe, ainsi que les présents résultats semblent le montrer, … alors l’idée est sans espoir d’établir des classes de formes selon les opérations visuelles qu’on effectue sur les  formes (AMP, 88-91).
    N. G. décrit le type de mouvement possible dans le passage entre les formes. Voir aussi P. 103 avec schéma. Revenir sur ces pages.
  25. p. 106, §2: Tout d’abord, la perception du mouvement apparent et la perception du mouvement réel sont-elles substantiellement identiques? > la réponse serait plutôt oui, à revoir.
  26. p. 107, §2: alors qu’il est facile de percevoir le mouvement réel ou apparent, les trajectoires de mouvement apparent ne se croisent jamais. voir exemple.
  27. p. 114, §2: Troisièmement, les lacunes de couleur contrairement aux brèches spatio-temporelles, ne font pas obstacle à l’unité de l’objet. (…) Et un objet ne perd pas son identité quand il passe dans une alternance de soleil et d’ombre.
    §3, En résumé, la résolution en douceur des disparités spatio-temporelles, contrairement à la résolution en douceur des oppositions de couleur, constitue un lieu commun de l’expérience ordinaire; (…)
  28. p. 115: Exemple d’un solide noir carré se déplaçant à vitesse modérée sur un fond blanc
    > pas de saut temporel, c’est continu
    > mais il y a des sautes entre noir et blanc – il n’y a aucun passage par des gris intermédiaires. Voilà en quoi consiste la perception du mouvement.
  29. p. 123, §1: Qu’il faille spécifier les instruments pour les utiliser dans la confection des faits, rend hors de propos toute identification du physique avec le réel, et du perceptif avec le simplement apparent. Le perceptif n’est pas plus une version relativement déformée des faits physiques que le physique n’est une version hautement artificielle des faits perceptifs.
  30. P129, §2: Démocrite vint tout de même habilement nous secourir. Il remplaça «Cela est» par «Elles sont». L’idée est que, si vous coupez les choses en tranches suffisamment fines, tout devient identique. Toutes les particules se ressemblent; la façon dont elles s’assemblent fait l’eau, l’air, le feu ou la terre – ou n’importe quoi. À la qualité, se substituent quantité et structure.
  31. P131, §1: Par exemple, un point dans un plan peut être défini, soit comme une paire tout à fait différente, soit comme un nœud de régions, etc.; mais les definientia qui ont ces extensions disjointes ne peuvent certainement pas tous être co-extensifs avec le definiendum.
  32. P132, §2: Types de relations possibles dans le monde: l’agencement, dans la dérivation de chacun des quatre éléments à partir d’un seul; la supplémentation, dans l’introduction de l’Illimité; la suppression, dans l’élimination de tout le reste; et la division, dans l’éclatement de Un en atomes. La supplémentation et la suppression sont aussi illustrées de façon spectaculaire par la relation qui existe entre le monde la physique et un monde famillier de la perception.
    NG parle ensuite de la composition, de la déformation, de la pondération et de l’accentuation.
  33. P135, dernier §: Sur la fiction. Un peu comme j’ai soutenu ailleurs que le simplement possible – pour autant qu’il est seulement acceptable – réside à l’intérieur du réel, ainsi nous pourrions dire ici à nouveau, dans un contexte différent, que les mondes de fiction appelés possibles résident à l’intérieur des mondes réels. La fiction opère dans les mondes réels à peu près de la même façon que la non-fiction. Cervantès, Bosh et Goya, pas moins que Boswell, Newton et Darwin, prennent, défont et refont, et reprennent nos mondes familiers, et les redondant de manières remarquables et parfois obscures, mais finalement reconnaissables – c’est-à-dire re-connaissables.
  34. P139: (…) le projet s’élargit jusqu’à inclure des versions et des visions qui ne produisent aucun énoncé et qui peuvent ne rien décrire ni dépeindre, on est requis d’envisager des standards autres que la vérité. (…)
  35. P149: Chapitre Convention et Contenu, voir aussi tout le chapitre qui précède.
  36. P152, §2: Les objets physiques, les événements et les phénomènes perceptifs connaissent le même sort que les points, les droites, les régions et l’espace. (…) D’un autre côté, si nous acceptons seulement deux vérités comme en désaccord sur les faits et donc comme vraies dans des mondes différents, on ne pourra s’appuyer pour évacuer d’autres conflits entre vérités que sur des différences dans la manière de parler.
    Personnellement: Je vois un lien au montage chez Eisenstein
  37. P156, §1: Ce qui importe vraiment, c’est qu’on préfère les approximations à ce qu’on peut considérer soit comme des vérités, soit comme des vérités plus exactes.
  38. P168, §1: La correction des œuvres abstraites, ou des aspects non dénotationnels des œuvres abstraites, n’est ni identique ni totalement étrangère à la vérité (…)
    Mais quelque chose peut aussi être exemple d’un prédicat ou d’une propriété sans en être un échantillon, comme dans le cas des choix d’échantillons du tailleur qui, tout en étant des exemples d’une certaine taille et d’une certaine forme, ne sont pas échantillons de cette taille et de cette forme puisqu’ils ne réfèrent pas à ces aspects.
  39. P169, §2 et §3: NG prend l’exemple d’une pièce de tissu pour montrer quel doit être le bon échantillon.
  40. P170: Poursuite de ce qui précède avec exemple de la caisse de grains, échantillon d’eau. Mais qu’est ce qui détermine la bonne manière de l’échantillonnage?
    > dépend de son caractère projetable en fonction d’un caractéristique.
  41. P171: Le couple implantation/nouveauté est un facteur essentiel, qui intervient pour déterminer ce qui est exemplifié (…) Assurément, le caractère projetable à partir des preuves diffère de la bonne manière d’échantillonner: d’abord en ceci que, alors que les preuves et hypothèses sont des énoncés, les échantillons et ce qu’ils exemplifient peuvent être non linguistiques (…)
    §3 autour de la sorte d’accord recherché entre échantillons
    (…)  les choix d’échantillons de tissu n’ont pas besoin d’être tous les mêmes du moment que c’est le même motif qui résulte d’eux par une construction appropriée; et les paquets de graines n’ont pas besoin d’avoir tous exactement la même composition. (…)
  42. P172, §2: Echantillons et œuvres d’arts (!!)
    Pour arriver au bon échantillon, il faut coordonner les échantillons… Personnellement, le commentaire de François Albera sur la façon dont les historiens déclarent un mouvement artistique sur la base de quelques œuvres majeures.
    Les œuvres d’art ne sont pas des spéciments provenant des pièces ou de caisses, mais plutôt des échantillons tirés de la mer. revoir la suite.
  43. P173, §1: La correction: Récapitulation. Corrections de l’échantillon. À relire.
  44. P174, §2: (…) combler ce fossé entre la correction et tous les tests qu’on peut en faire, en concevant la correction comme acceptabilité ultime, pour ainsi dire de la façon dont la permanence peut être conçue comme durabilité ultime.
  45. §3 Qu’une image soit correctement construite ou qu’un énoncé décrive correctement, ceci est testé par l’examen et le ré-examen de l’image ou de l’énoncé (…) On pense à nouveau à la remarque intrigante de Contable, que souligne Gombrich (note 25), selon laquelle la peinture est une science dont les images sont les expériences.

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Nelson Goodman, Manières de faire des mondes. éditions Jacqueline Chambon, Nîmes, 1992

Gerald E. Myers, William James, his life and thought

Samedi, mars 13th, 2010

Chapter 4: Space
NATIVISM AND SPACE PERCEPTION

  1. p115, §2: Jame’s basic thesis was that all sensation have a spatial dimension. For example, sensations of sight, touch, sound and pain display volumunousness or extensivity.
    ” We call the reverberations of a thunderstorm more voluminous than the squeaking of a slate-pencil; the entrance into a warm bath gives our skin a more massive feeling than the prick of a pin; a little neuralgic pain, fine as a cobweb, in the face, seems less extensive than the heavy soreness of a boil or the vast discomfort of a colic or a lumbago; and a solitary star looks smaller than the noonday sky” (principles, 2:134)
  2. P155, §3: James’s nativism was opposed to theories of space-perception which try to derive space from nonspatial elements. Such empirists as Herbert Spencer, Thomas Brown, Alexander Bain and John Stuart Mill had defended an ontology which included only unextended feeling and time as original elements. they argued that retinal sensations, for example, which are originally in our experience, do not possess extension; this feature occurs ony later, through processes of association. Extensivity is born from certain muscular feelings; the sweep and movement of our eyes creates our sense of extensitivity or vastness. After birth it is associated with nonspatial retinal sensations; colors are seen next to, outside of, or beyond each other. But the empiricist argue, the eye required the assistance of the muscular feelings involved in moving the head to see colors in such relations. According to this argument, then, space is not found in elementary sensations. As Bain put it, space as a quality of experience “has no other origin and no other meaning than the association of these different [nonspatial] motor and sensitive effects.”
  3. P115, §4: James se pose la question suivante: How, he asked, can association generate space from totally non spatial elements?
  4. We can sometimes judge distance from the visual image of one eye by using indirect cues, but this determination is not as accurate or as immediate as the “powerful sensation of stereopsis”, the visual sensation we know when looking at stereoscopic slides or three-dimensional movies(1). Things that are invisible monocularly will stand out vividly when seen stereoscopically. James argued that this phenomenon appears to be neurophysiological, due only to the eyes and brain, not requiring psychological explanations that involve mind-set, unconscious inferences, or association. Stereoscopic vision depends entirely upon the horizontal disparity between the two retinal images, and binocular apprehension of depth does not require prior regognition of form, “suggesting that the disparity infomation is processed by the brain fairly early in visual perception” (2). If learning or experience is needed for depth perception, the only learner is the brain itself (3). Nativism, taken as the theory that spatial dimensions are experiential data acquired without the help of psychological processes, thus, the contemporary position that James anticipated.
  5. p117, §2: James, two claims:
    1. Spatial relations such as up and down are sensations
    2. The knowledge of space develops from acquaintance with the primordial extensivity which allegedly characterizes all sensations: “Rightness and leftness, upness and downness, are again pure sensations differing specifically from each other, and generically from everything else” (Principles, 2:150)
  6. P188: But spatial relations have no sensory nature to focus on or study introspectively. We can see directly that a rock is to the left of a tree, but we cannot see a separate, isolable to-the-left-of. This relation and to-the-right-of  do not differ as do loud and faint noises or mild stabbing headaches. Above does not gleam above, nor does below perceptually bristle below. Spatial relations lack the sensuous marks of sensations. The concept of the given, of spatial relations, and the sensations must be allowed their proper distinctness.
    It would be extraordinary to have sensations and yet overlook or ignore their prominent features. If we notice a stabbing pain, it would be peculiar not to be aware of the loudness of the stabs. But the case is not the same with spatial relations. (…) The spatial relation is there before us in full view, yet our attention bypasses it, which would be unusual if it were a sensation.
  7. P118-119, §5 et §1; (…) oour everyday apprehension of space is a development of a prior acquaintance with space-as-sensation. He moved from the thesis that all sensations possess a vague quale of spatiality to the claim that the “primordial largenesses which the sensations yield must be measured and subdidvided by consciousness, and added together, before they can for by their synthesis what we know as the real Space of the objective world” (Principles, 2:145). The “primordial largenesses” here are the spatial properties of sensations which prompt us to talk of big noises, heavy odors, or minute tastes. Our descriptions of sensations, in borrowing from the vocabulary of the physical environment, always include a spatial dimension. This dimension originally occurs in a vague and unordered form; it is a primitive extensivity not yet measured or otherwise defined; an example is the ocular vastness of an empty blue sky. Thses unordered extensities, which according to James are sensations and our original experiences of space, are subsequently arranged into one surrounding spatial world by a “complicated set of intellectual acts” (Principles, 2:145-46).
  8. P119, §3: The device, James theorized, is superposition, which yields “exact equivalences and common measures… Could we superpose one part of our skin upon another, or one object on both parts, we should hardly succeed in coming to that knowledge of our own form which we possess. (…)
    A blind person is said to use this technique for obtaining a spatial conception of himself; by superposing bodily parts and tracing lines on different parts by the same movements, he eventually reduce all the felt differences of his bodily dimensions to a common scale.
  9. P120, §1: Selon James: the sense of touch enjoys a special status in our choice of what is real among our space-perceptions. Just as we reduce sight-sensations to a common scale, we must reduce sensations of different modalities to a homogenous method of comparison. How do we compare the spaces experienced by sight, sound, taste, smell and touch? Joseph Jastrow had speculated that “the striking disparities between our visual and other space-perceptions can only be explained by the tendency to interpret all dimensions into their visual equivalents.” James agreed that some interpretation into a sensory equivalent is required, but he conceived the equivalent as one of touch rather than sight. Sight-spaces tend to reduce to touch-spaces, he argued, because of the “far greater constancy of felt over seen magnitude” and the “greater practical interest which the sens of touch possesses for our lives. Sight is only a sort of anticipatory touch” (Principles, 2:180). When touch and sight conflict, touch reveals what is real among our space-percepts.
  10. P120, §2: We must take another step to get from our first sensations of space to the one surrounding, common space, the real space in which we live and move. James said that we discriminate original spatial sensations into subdivisions, compare those subdivisions, and reduce their dimensions to a common scale. But how do we movie from these subdivided spaces to the one space of everyday life? “How are the various sense-spaces added together into a consolidated and unitary continuum?” (Principles, 2:181)
  11. P121: James vigorously objected to the Kantian view that our perception of the external world is essentially an intellectual process and claimed to find no such “Kantian machine-stop” in his own mental processes. But in explaining how we get from originally unordered spaces to one system or continuum of space, he himself resorted to two basic, albeit unconscious, intellectual acts.
    (…)
    A coookie is a thing constructed from its taste-at-a-place, its fragance-at-a-place, and its feel-at-a-place. We make these different but simultaneous cases of at-a-place coalesce into one place. In one act, we create both the cookie as a physical thing and its place. James thought that constructing a physical thing at one place from diferrent sense-date at different places was the first step from spaces to space itself.
  12. p122, § 1: We thus acquire the notion of “a space larger than that which any one sensation brings,” a single spatial system or continuum incorporating the different spaces of particular sensations. The continuum is conceived, not perceived. Since James called this larger space an object of conception, he must have supposed a single system or continuum of space. (Principles, 2.185)
  13. p122, §2: Autour de: Such coalescence of sensation is initially responsible for the transitions from spaces to space, from sensations to physical things.
    Cette page tourne ensuite sur la question du continuum temporel.
    Despite his dislike of Kantian mental-machine shop which compensate for the allegedly weak powers of sensations, and his own insistence that introspection reveals no experience fo mentally creating space, James believed in an act that creates the illusion of a single continuum of space.

    Tout le §1 porte sur la question du continuum.

  14. P123, §2: Theory of sensation-fusion (…) is designed to get us from separate, spatially unrelated spaces of different sensations to a single space.(…) The theory of coalescence, far from showing how a spatial environment containing discrete locations is constructed from originally unrelated places of particular sensations, actually presupposes that spatial environment. (…) At the best, the theory of sensation-fusion leaves the “how” of this move a speculative mystery. James had just the opposite intent.
    Paragraphe autour de la fusion des sensations et comment s’opère cette fusion?
  15. P124, §2: James’s metaphysical picture is neatly conveyed in the philosophical example of a dental cavity and the discrepancies between how large it feels and how large it looks and measures. “The space of the tooth sensibility is thus really a little world by itself, which can only become congruent with the outer space world by father experiences which shall alter its bulk, identify its directions, fuse its margins, and finally imbed it as a definite part within a definite world. (…) Instead he wrote as if the “little world” of the cavity and its spatial extent as defined by the tongue is some kind of primitive material which, through the influence of subsequent experiences, we “alter”, “fuse”, and “imbed” within the common spatial continuum we call the one real space. (…) how do we escape from those little worlds to the one big one?
  16. P125, §1: Poursuite de la page précédente: Without the public it we would have no reason to be aware of any discrepancy between how the cavity feels the tongue, how it fells to the finger, and how its looks in the mirror.  Observed discrepancies presuppose things like cavities as common reference points, which already constitute what we call in one world.
  17. p125, §2: (…) The places and extens of sensations altered, fuses, and imbedded into one complex which we know as the spatial continuum.
  18. p126, §1: Lien au monde des rêves et hallucinations, et leurs relations à l’espace réelle. Lien au concept général de sensation.
  19. p126, §3: Respecting the subjective nature of the experience and avoiding the psycologist’s fallacy are two motivations that led James to picture our lives as commencing in sensations that separate into different spatial worlds.
  20. p127, §1: James critique Kant, Wundt, and Helmholtz pour dégrader l’importance des sensations.
    There are certainly important differences between James and antinativists, but it prominentl advertised resolve to champion sensations in his theory of space faltered noticeably.
  21. P127, §2: James attempted to model a system of space on what we seem to find within our experience of space, which may explain why sensations rather than behavior and motor-learning play the dominant role in this theory of space-perception. He thought that we come closer to understanding space by heeding what it is like to hear or feel or see something than by registering how spatial relations are established through pacing off a distance or placing one thing between others. (…) §3, For James, the space is real, that antedates any human perceptual construct and resembles our experience of space, is an unmeasured vastness that our original sensation of extensity or unordered vastness models in miniature. The space that does not antedate our construction or it is the ordered, measured space of common experience, of geometry and physics. (…)

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1. See John D. Pettigrew, The Neurophysiology of Binocular Vision, Scientific American 227 (august 1972): 84
2. ibid 84-87. James like Pettigrew, refers to Wheatstone’s contributions to the topic in psychology, 351.
3. Pettigrew’s and Jame’s accounts are opposed to Berkerley’s theory thant depth is not given in sensation but is learned through associating data of sight whith those of touch.

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À propos de Nativisme, et la perception de l’espace:
La théorie de la perception, que Kant a exposée dans l’esthétique transcendantale, est considérée comme l’expression la plus complète et la plus parfaite de la théorie nativiste. Dans les philosophies antérieures à la philosophie kantienne, la question de la perception de l’espace ne se pose pas d’une manière très précise ; il s’agit, en effet, de définir bien plus la nature de l’espace que la façon dont nous le percevons. Pour Descartes, l’innéité de la notion d’espace s’impose en vertu de la clarté et de la distinction de cette idée. Leibniz, par la distinction qu’il fait entre l’étendue et l’espace, modifie déjà profondément la doctrine de l’innéité et fait une place plus grande à le question de la perception. En effet, d’après lui, l’espace n’est pas une, réalité, mais une abstraction. Ce que nous percevons directement, c’est l’étendue concrète et limitée; nous en dérivons ensuite par abstraction l’idée d’espace vide et illimité, l’étendue étant l’ordre des coexistences réelles et l’espace l’ordre des coexistences possibles. Pour Kant enfin, la question de la réalité de l’espace ne se pose plus ; elle se résout dans celle de la perception. L’espace n’est, en effet, qu’une forme pure et à priori de la sensibilité ; en d’autres termes, notre sensibilité on faculté de percevoir est ainsi faite qu’elle ne peut recevoir les matériaux de la connaissance sans les mouler dans cette forme qui est en elle et en elle seulement, l’espace.
Serge Jodra, site Internet Commovisionhttp://www.cosmovisions.com/Nativisme.htm

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Gerald E. Myers, William James, his life and thought, Yale University Press, New Haven and London, 1986

Paul Fraisse, Psychologie du temps

Samedi, mars 13th, 2010

Chapitre IV – Le Seuil du temps

  1. P99: Toute perception a un donné phénoménal qui, dans ses qualités et son organisation, correspond à des stimulations, mais n’est pas un décalque de la réalité physique. La psychologie de la perception consiste à établir ces correspondances psycho-physiques et à essayer de les expliquer en prenant connaissance des mécanismes de réception, de transmission et de projection corticale.
    Pour toute perception, la première question est celle de son seuil. Dans quelles conditions le temps apparaît-il donc une donnée perceptive?
    > perception de la continuité et de la simultanéité.
  2. P100: L’instantanéité et la simultanéité sont les deux cas limites où cesse la perception du temps.
    Les étudier = assister à la naissance perceptive du temps.

    I. De l’instantané au durable

  3. p100, §1: Définition d’Aristote, instant comme unique si aucun mouvement ne s’est produit.
    Pieron, “point de temps”, stimulation brève non durable.
    Déterminer la limite entre l’instantané et le durable en fonction de la durée de stimulation.
    Durup et Fessard, 12,4 cs pour une stimulation lumineuse. Quelques centièmes de seconde aussi pour impressions tactiles.
  4. P101: point de temps, durée du stimulus beaucoup plus longue dans le cas de la vue que dans celui de l’ouïe ou du tact.
  5. P101, §2: Ce point de temps a parfois été considéré comme une unité psychologique ou atome de temps.
    Piéron: Quel est l’élément simple, c’est-à-dire insécable de la durée? L’unité de temps varie avec la nature des sensations.
    Hypothèse que l’unité psychologique de temps la durée minimum d’une opération mentale aussi simple que possible.
    Richet (1898) remarque une impossibilité de prononcer plus de 11 syllabes à la seconde. (ici, unité psychologique est en réalité la durée minimum du processus physiologique est en réalité la durée minimum du processus physiologique correspondant à un acte élémentaire sans référence à la durée apparente de cet acte au plan de la perception.
  6. p102: Stroud (1956), temps psychologique pourrait être brisé un nombre fini de moments alors que le temps physique pourrait être décomposé en une infinité d’instant.
    L’individu réagit: comme dans une caméra dont l’obturateur ne s’ouvrant qu’un certain nombre de fois à la seconde ne pourrait enregistrer qu’une partie de ce qui se produit…
    Ensemble d’expériences pour montrer comment est perçu la continuité malgrè des coupures dans les stimuli (visuels ou auditifs).
    Recherche autour de la fréquence de fusion.Si on fait voir ou entendre des séries de stimuli très brefs (stimuli de 1,1 cs avec interruption de 2,2 cs, les stimuli se suivant donc à 3,3 cs d’intervalle), le nombre de stimuli perçus est inférieur au nombre objectif de stimulations. (…) Si, pendant l’audition d’une liste de mots, on coupe à une certaine fréquence par un moyen électronique le flux sonore (ou si on le masque par un bruit blanc), on constate que les interruptions ont un effet très différent suivant leur rythme. Si la cadence des coupures est très lente, et si la durée de la coupure égale la durée de l’audition, on ne perçoit que 50% des mots. Si la cadence est très rapide, il n’y a pas de perte et la réussite est de 100%. Entre ces deux extrêmes, on constate que, dès que les coupures atteignent 10 par seconde, la réussite approche du maximum, comme si à cette cadence on ne perdait pratiquement plus d’information utile.
  7. P103. L’objet de telles recherches est de trouver une unité des processus physiologiques d’intégration du successifs; les faits sur lesquels elles s’appuient rendent vraisemblable l’existence d’une pareille unité.
  8. Peut-on parler d’unité psychologique du temps? Unité à deux sens: c’est en premier lieu la qualité de ce qui est indivisible, en ce sens l’instantané peut être dit une unité de temps. En second lieu, c’est la partie dont la multiplicité constitue un tout.
    Piéron (1945, p. 36), “pluralités d’instants unitaires”.  Il pose le problème des rapports entre l’unité psychologique de temps et la valeur de l’échelon différentiel dans la comparaison des durées perçues. Y aurait-il des quanta du temps perçu? (…) Rien n’autorise à penser que les durées perçues soient des composés.

    II. De la simultanéité au successif

  9. P103-104: Dans le cas d’une stimulation unique, il y a perception de la durée lorsqe la stimulation est assez longue pour ne plus apparaître comme instantanée. Deux brèves stimulations, elles, engendrent la perception d’une durée lorsqu’elles apparaissent comme successives. La durée est alors l’intervalle entre les deux stimulations. Si l’intervalle entre les deux stimulations apparaît nul, les deux stimulations sont dites simultanées. Il ne s’écoule pas de temps entre elles.
    > Quelles conditions pour percevoir la simultanéité, et la succession?
  10. p104: Deux événements sont simultanés lorsqu’ils se produisent à un même moment du temps. Lien à Poincaré, La Valeur de la science -> parler ainsi, c’est se placer au point de vue d’un intelligence infinie et omniprésemte. En effet, l’homme – qui en ce domaine se comporte comme n’importe quel enregistreur – ne connaît jamais les phénomènes physiques mais uniquement les sensations produites par ces phénomènes.
    Ordre des phénomènes physiques ≠ ordres des sensations. Exemple du tonnerre et de l’éclair.
    On parle ici de simultanéité psychologique: des “événements appartiennent au même présent mental et ne sont pas susceptibles d’une ordination temporelle” (Pièron, La Sensation guide de vie, p. 394).
    Quel rapport entre simultanéité apparente et ordre des phénomènes physiques?
  11. P105: Deux stimulations simultanées ne sont pas toujours perçues simultanément, Car:
    - Chaque type de récepteur a d’abord une latence propre. (lantence de la vision supèrieure à 4cs à celle de l’audition) (Piéron, ibid, p. 46) et cela dépend de l’intensité du stimulus.
    Exemple: Si deux petites plages lumineuses proches l’une de l’autre s’éclairent simultanément mais à des niveaux d’intensité différents, les deux lumières ne paraissent pas simultanmées; tout se passe commme si la plage la plus lumineuse se déplaçait vers la plage la moins lumineuse.
    Mouvement apparent: quand deux stimulations semblables se succèdent assez rapidement.
    - Retard de la transmission de l’influx nerveux:
    Exemple: Klemm(1925), pour que deux stimulations, l’une sur le front, l’autre sur la cuisse, soient perçues comme simultanées, il fallait que l’excitation de la puisse précède celle du front de 2 à 3,5 cs.
    >  donc, la perception de la simultanéité réside dans la simultanéité d’excitations corticales.
  12. P106: (…) deux stimuli qui agissent dans les mêmes conditions sur l’organisme, celui vers lequel on porte son attention apparaît comme antérieur à l’autre. Descriptif d’expériences.
    Expériences sur le rôle de l’attention dans la perception de la simultanéité ou de la succession.
  13. P107: Il faut un intervalle de 20 cs au minimum pour la double tâche soit possible.
    Importance du rôle de l’attention dans la perception de la simultanéité ou de la succession.
  14. P107, §3: perception de la simultanéité lorsque les stimuli peuvent être intégrés ou unifiés de sorte que nous les saisissions ensemble sans dispersion de notre attention.
    > facile de fusionner des notes de musiques ≠ sons dissemblables comme un coup sur la porte et le son d’une horloge, car trop différents.
  15. P108: Expérience de Jean Piaget chez les jeunes enfants pour la simultanéité.
    Nous avons > avec une grande finesse le synchronisme de mouvements symétriques qui s’intègrent à un pattern moteur. Précision pour réaliser des mouvements simultanés.
    Si sensations trop dissemblables alors difficulté pour percevoir la simultanéité.
  16. p108-109: équation personnelle, vient des astronomes qui commettaient individuellement toujours les mêmes erreurs en utilisant la méthode œil-oreille.
    Michotte (1912), valeur et sens de l’erreur montrés par des propriétés perceptives.
    Diverses expériences de Guinzburg (1928), exemple: la simultanéité était encore perçue quand le son précédait la lumière de 12 cs… Voir pour autres détails.
  17. P110: Seuil de perception de la simultanéité.Le Seuil de perception de la succession
  18. P110: Pour quel intervalle temporel, deux stimulations cessent-elles d’être confondues ou simultanées?
    Piéron (p. 394), acuité temporelle: “la capacité discriminative dans la dimension-temps, comme les acuités spatiales représent les capacités discriminatives dans les dimensisons de l’espace”.
    - stimulations rapides et successives, elle sont fusionnés par la persistance de la sensation.
    - intervalle temporel entre les stimulations, phénomènes de papillotement pour la vue, du roulement ou crépitement pour l’ouïe, de vibration pour le tact.
    Quelques exemples chiffrés autour de la sensation de continuité ou non.
  19. P112: Lois de Korte sur intensité des stimulations.
    On peut même obtenir un mouvement apparent, comme nous l’avons déjà signal, avec deux stimulations objectivement simultanées, mais d’intensité différente, par suite du retard de la sensation la moins intense sur la plus intense.
    Wertheimer pensait que l’optimum du mouvement apparent est réalisé quand l’intervalle atteint 6 cs (le cinéma a utilisé une cadence de 18, puis de 24 images par seconde, soit des intevalles de 5,5 cs et de 4 cs=, et qu’il disparaît complétement, faisant place à la perception d’une succession, quand l’intervalle atteint 20 cs.
    Changement de ce seuil en fonction des lésions, âges…
    Dans le domaine tactile (…) si on excite deux points très voisins de l’avant-bras (la distance entre les points étant au-dessous du seuil de la discrimination spatiale de deux contacts) > intervalle < 100 cs, sensation unique, si intervalle > 100 cs alors naissance de mouvements apparents.
  20. P113: autre exemple pour l’audition. Si les conditions sont telles qu’il ne peut y avoir intégration des deux excitations en un phénomène unique, l’acuité temporelle est beaucoup moins fine.
  21. P114-115: Conclusion sur les expériences. Cependant nous percevons mieux les changements avec les sens du tact et de l’ouïe, ce dernier étant mieux adapté aux discriminations spatiales qu’à la saisie des modifications temporelles des stimulations.
  22. >>> (…) saut dans la lecture, p223-24: Expérience de Myers (1916) qui montre que les spectateurs de cinéma ont la perception d’un temps allongé voir doublé face à un film.

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Paul Fraisse, Psychologie du temps, Paris : Presses universitaires de France, 1967

Dominique Janicaud, Chronos, pour l’intelligence du partage temporel

Vendredi, janvier 29th, 2010

Lecture démarrée à la page 39.

  1. P41: «À plusieurs reprises je m’étais dit qu’il n’y a pas d’autre énigme que le temps, cette trame sans fin du passé, du présent et de l’avenir, du toujours et du jamais.»
    Jorge Luis Borges, Le Livre de sable, trad. F.-M Rosset, Paris, Gallimard, 1978, p.62
  2. P44: Difficulté de définir la nature du temps.
  3. P45: §1 Extrait, «Si le temps existait comme une chose, un bien préhensible ou un substance, il serait localisable; or il n’est en rien assimilable, ni à un lieu ni à l’espace lui-même: il se “produit” n’importe où et n’a pas d’extension. De même, il n’a pas de partie, puisque l’instant semble pouvoir se diviser à l’infini; ni de totalité, puisque les “siècles des siècles” sont également dépourvus de fin assignable. Aucun de ses trois visages – passé, présent et futur – n’est saisissable isolément ni définitivement. Faute de mieux, le présent ne permet-il pas de penser l’unité du temps, puisque le temps ne cesse d’advenir? Mais qu’est-ce que ce présent constant? Ce n’est pas l’instant, puisque nous l’avons surpris infiniment divisible. Ce n’est pas non plus le temps lui-même, jamais intégralement présent.»
  4. P46: §1 Attention à l’analyse sémantique
    §2, «Admettons que dans l’absolu, l’existence comme l’inexistence d’un temps unifié soit également indémontrables, du moins aperçoit-on que la temporalité exige une approche et un traitement tout à fait spécifiques.»
    Question autour de “le temps n’existe pas”, mais alors peut-on mesurer ce qui n’existe pas. La mesure du temps ne prouve pas sa substantialité.
  5. P47: Et n’est-ce pas en la prise de mesure que l’énigme temporelle trouvera son unité?
  6. P51: Phénoménologie de Husserl. Il renonce à se prononcer sur l’essence du temps, et revendique le champ de l’intentionnalité, c’est-à-dire non seulement la description des visées appropriées (attention, rétention, protention). Analyse des modes de l’apparaître temporel.
  7. P55: Le “clock paradox”, Si une horloge B, exactement semblable à une horloge A et ayant initialement une position identique, se meut à une vitesse constante en opérant un voyage à une vitesse avoisinnant celle de la lumière pour retrouver A après un laps de temps censé identique, le temps t’ de B sera plus faible que le temps t de A.
    Elles sont soumises à la théorie de la relativité restreinte.
  8. P56 et 57: MacTaggart soutient que le temps est iréel. Deux séries: Dans la série A, un événement M est successivement futur, présent et passé; dans la série B, un événement M est antérieur, simultané ou postérieur par rapport à un autre événement N. La série B englobe des événements structurellement ou définitivement situés les uns par rapport aux autres: La pose du toit d’une maison est postérieure à la construction des fondations; la mort de Louis XVI a été, est et sera toujours antérieure au sacre de Napoléon. Il est évident que la série B ne suffit pas pour constituer le temps, puisque le temps implique changement. Donc, sans série A, il n’y a pas de temps: tout repère événementiel ne cesse de changer de position.
  9. P58: La position de McTaggart n’est intelligible qu’à partir de l’équation: réalité = existence = non-contracdiction.
  10. P59: Le paradoxe de McTaggart n’est pas “trivial”; il n’en reste pas moins extrêmement artificieux, car il soutient que la réalité est “hors temps”. Présupposition du “hors-temps”.
  11. P60: Identifier un événement suppose un horizon temporel, et McTaggart ne prend pas en compte la spécificité de l’horizon temporel.
    Plus originaire que la représentation sérielle du temps se déploie l’intentionnalité spécifiquement temporelle: cet événement des événements, la temporalité elle-même.
  12. P61: MacTaggart, rejet ontologique du temps: Rien n’est réellement présent, passé, ni futur. Rien n’est pas réellement plus tôt ou plus tard quoi que ce soit, ni temporellement simultané par rapport à lui. Rien ne change réellement; et rien n’est réellement dans le temps… … Dominique Janicaud critique MacTaggart.
  13. P62: Lien à la fausse illusion de Faust, le désir éperdu d’arrêter l’instant.
  14. p66, §2: “Qu’est que le maintenant?” (…) “le maintenant, tel qu’il est montré, n’est pas la vérité de l’être”. Hegel a discerné ici que le temps n’apparaît pas sans être montré. Le langage qui indique est le véritable support et même le vecteur de l’expérience temporelle: celle-ci, en se comprenant, va devoir être qualifiée d’historique.
  15. P67, §4: La conscience indique le “maintenant”. Le pourrait-elle sans le dire? Chronos de nouveau, n’est pas sans Logos.
  16. P69: à partir du moment où je conçois le temps lui-même, je n’égrène plus les instants; en concevant la constance du flux, je conçois le concept de temps en tant qu’il traverse le temporel.
  17. P69, §4: on ne peut “habiter” le temps; il nous expulse de lui-même; il reste, avec l’espace, une forme de la naturalité, rien de moins, rien de plus que la trame invisible sur laquelle l’esprit va tisser son texte.
  18. P70, §2: Hegel a pensé comme négativité absolue le retrait du temps en lui-même.
    Personnellement, lien à Didi-Huberman, et Marcel Duchamp, lien à la négativité.
  19. P70, §2: Autour de la notion d’éternité: Totalement simultanée, comment pourrait-elle se différencier du successif? Si elle ne se différenciait pas, elle n’existerait pas; si elle se différenciait, elle ne serait plus simultanée. Contradiction qui rejaillit dans le nunc stans: un “maintenant” absolument immobile détruirait la condition même de son immergence et de son existence.
  20. P72, §2: D’un côté, pour Hegel, le temps, comme négativité absolue, doit se nier lui-même au sein du vrai et de l’éternel, de l’autre “l’esprit du temps”. Qui a raison, de Kojève qui insiste sur cette temporalisation du concept, ou de Heidegger seloin qui Hegel s’en tient à la pensée que l’être infini constitue l’essence du temps?
  21. P72, §3: trois niveaux: l’existence effective du temps (ce qui est là et qui, comme tel, est phénomène, Erscheinung), l’”intuition vide” de ce temps tel qu’il est représenté à la conscience et enfin l’annulation du temps en sa vérité conceptuelle et éternelle (le point de vie, forcèment absolu, de la science).
  22. P73, §2: Kojève a raison de penser que c’est un temps où prime l’avenir, car l’événement historique n’a aucun sens si tout est déjà accompli (primat du passé) ou si le temps se réduit en une suite d’instants équivalents (primat du présent). Il faut que l’avenir médiatise le passé par un acte qui réorganise l’horizon de la présence en l’ancrant dans la phénoménalité. (…) En ce sens, Kojève est parfaitement fondé à soutenir ceci: “la présence réelle du Temps dans le Monde s’appelle donc Homme. Le Temps est l’Homme, et l’Homme est le temps.
  23. P74: La position d’Heidegger vis à vis d’Hegel: (…) Emerge un premier mouvement circulaire (kreislauf) qui par opposition au videe du maintenant comme pure limite, présente “la dimension de la totalité du temps”.
    (…)
    Est-ce un temps nivelé à l’extrême, comme le soutient Heidegger, ou bien révélant, au contraire, la primauté de l’avenir, ainsi que l’affirme Alexandre Koyré? Tout dépend du point de vue adopté: un vue de surplomb indifférencie les moments du temps, mais le niveau phénoménologique ne doit pas perdre son autonomie. Si le nivellement est d’emblée aussi radical que l’affirme Heidegger, on ne comprendrait pas comment peut se déployer une dialectique temporelle: on ne ferait que glisser de maintenant en maintenant. Or, selon Hegel, le présent n’est pas plénitude indifférenciée, mais “relation différenciante”.
  24. P77, §2: La relation entre Chronos et Antichronos au delà de l’opposition superficielle entre la ponctualité du temps et la circularité de l’éternité. A cet égard, Kojève a raison d’affirmer la singularité de la circularité historique. Le cercle de l’histoire ne peut être parcouru qu’une fois pour toutes, de même que le Christ n’est mort qu’une fois. La temporalité n’est spirituelle que par son irréversibilité et sa singularité, tandis que – par ailleurs – le “Cercle de la Science” doit être pensé comme “un cycle qiui se répète éternellement”. (Alexande Kojève, Introduction…, op. cit., p. 393)
  25. P80, §3: Deux remarques de Heidegger aident à répondre:
    1/ “La formule A = A fait état d’une équivalence. Elle ne nomme pas A en tant que même. La formulation courant du principe d’identité masque ainsi justement ce que la proposition voudrait dire: A est A, c’est à dire chaque A est pour lui-même le même.” Ce que le principe veut dire, c’est la mêmeté d’une chose à elle-même: il n’est peut être pas interdit d’ajouter: c’est une mêmeté qui s’impose au temps, qui traverse le flux temporel.
    Personnellement: lien au concept de mêmeté chez Marcel Duchamp
  26. P84, §1: En effet, A=A est vrai à l’instant t, mais aussi t’, t”, t”’, etc., et ainsi de suite indéfiniment.
    Cette phrase permet de comprendre que “tout dans la réalité n’est pas emporté par le temps; elle permet sans doute plus: concevoir que le temps lui même n’est pas emporté par le temps, c’est-à-dire qu’il y a une chrono-logique qui permet à Chronos de s’identifier.
  27. P87, §2: Comme le remarque David S. Landes, auteur d’une remarquable histoire de la mesure du temps, “il n’est pas “naturel” de vouloir le temps avec précision”
    À l’inverse de ce que pense apparemment Heidegger
    Rapprochement avec le “maintenant” du paysan africain (travail de l’anthropologue anglais Evans-Pritchard), il n’y a pas d’équivalent dans le langage des éleveurs Nuer au mot temps.
  28. p89, §2: Heiddger, œuvres Complètes §258: En tant qu’il est l’unité négative de l’être hors-de-soi, le temps est également et tout bonnement un abstrait, un idéel.”
  29. p90, §1: Hegel, “… le temps n’est pas sa puissance [du concept], et le concept n’est pas dans le temps ni quelque chose de temporel, mais il est plutôt la puissance du temps…” Le temps régne en effet sur la nature (et sur le naturel en nous), mais le vrai (le concept) est éternel – et c’est ce de côté-là qu’est la puissance infinie.
  30. P90, 91:
    Heidegger (…) caractèrise la temporalité originaire comme “purement et simplement ek-statique” (estatikon schlechthin).
    (…) Heidegger vise: la définition hégélienne pour la “détruire”: au-delà de toute formulation encore logique (la négativité), on envisage l’être-hors-de-soi, directement dans son élan destabilisateur; ce qui est ainsi envisagé schlechtlin, c’est-à-dire purement et simplement, c’est l’ek-statique comme tel, comme dimension, non cet abstrait ou cet idéel qu’el le temps conçu comme négativité: nous n’avons plus affaire à une intuiton, remarque Heidegger, alors que Hegel précise que le temps est le “devenir intuitionné” (das angeschaute Werden).
    Heidegger reconnaît que la détermination fondamentale qui traverse le système hégélien est la négativité, une négativité qui n’est pas “seulement formelle”, mais qui entretient une relation interne avec la différenciation (Unterschiedenheit). Et, comme la substance est sujet, “l’être (pris au sens essentiel) est devenir”. (…) cette logique s’ouvre à la négativité du temps, ne se réduit plus à une simple logique de l’identié, mais qu’elle est une logique spéculative de la mêmeté, riche de différenciations, une logique qui soutient la conscience de l’historicité, et qui permet l’émergence du “système d’une vision historique du monde le plus puissant, en richesse de vécu comme en élaboration conceptuelle”…

    (…) Heidegger de critiquer l’extrême nivellement hégélien du tempns en fonction du “maintenant”, et surtout d’affirmer – ce qui est plus surprenant – que Hegel “se meut résolument dans la direction de la compréhension vulgaire du temps”.

    À propos d’ek-statique:
    Emmanuel AVONYO, Martin Heidegger et la temporalité du Dasein
    Dans ce sens, trois grandes découvertes complémentaires ont été faites par Heidegger : selon la première, la question du temps est envisagée comme totalité dans la structure fondamentale du Souci. Selon la seconde, il préconise une unité ek-statique des trois dimensions du temps passé-présent-futur. Enfin, Heidegger montre que le déploiement de cette unité ek-statique entraîne une hiérarchisation de niveaux de temporalisation sous les dénominations de temporalité, historialité (Geschichlichkeit) et intra-temporalité. (Temps et récit, p. 95).
    Michel HENRY  Non, il n’y a pas de mort!
    En dernière instance, toute ontologie esthétique n’est-elle pas une ontologie du temps?
    Ma réponse, là, est très précise, elle est négative. Pourquoi? Le temps phénoménologique, le temps qu’ont étudié Husserl et Heidegger, est encore un temps ek-statique, c’est à dire un temps éclaté. L’horizon, ce trou de lumière qui est le monde, est un horizon plus lointain. C’est un horizon irréel, tridimensionnel, c’est à dire constitué par ce que Heidegger appelle trois ek-stases et qui sont celles du futur, du présent et du passé. Dans cet horizon ek-statique les choses coulent du futur au présent et au passé. Heidegger le dit littéralement: la présence se présentifie à partir de trois ek-stases qui font que les choses sont là dans le venue au présent, à partir de l’horizon du futur et dans leur glissement au passé. Cet horizon du futur, pour l’homme, est borné par la mort. Et c’est ce qui vous a amené à dire ce que vous avez dit.

  31. P93, §3: Sous cette question et au cœur du différend entre la pensée du Heidegger et celle de Hegel, nous retrouvons le temps: est-il pensable et doit-il être comme l’horizon ultime de notre finitude et celle-ci comme l’ultime horizon du sens? La question de la logique temporelle nous a permis d’amorcer cette interrogation, non d’aller jusqu’à ses dernières conséquences. En dégageant le temps hors des prises, non seulement d’une pensée de l’identité, mais de toute logique dialectique, Heidegger va tenter de penser le temps pour lui-mêne. Est-ce vraiment possible?
  32. P94: Autour de la “percée temporelle”: Heidegger se situe – du point de vue hégélien – dans une stricte logique de la finité, mais une logique intenable, en ce sens qu’elle ne peut se soutenir par elle-même, trouver la vérité à partir du fini. Une pensée qui refuse de résorber le fini dans l’infini doit “sauver” le fini, le temporel, entreprise autocontradictoire du point de vue hégélien.
  33. P95: Heidegger: (…) (“Le temps n’est pas, mais se temporalise”), le renvoi du temps à sa propre temporalisation implique qu’il ne soit pas la synthèse des trois ek-stases, mais soit lui-même ek-statique: “la temporalité est elle-même l’unité ekstatique s’unifiant dans la temporalisation ekstatique”. Ce qui est difficile à comprendre (et, pas conséquent à admettre) n’est pas le sens littéral du mot “ekstase” – déstabilisation, déplacement, déviation, sortie hors de soi (…) Comment penser la temporalisation à partir du temps lui-même? (…) L’à-venir se fait d’emblée horizon comme entour (Umschluss) d’un monde.
  34. P96: Heidegger:Penser le temps à partir de lui même et, pour cela, non plus “comme présentification de “maintenant” successifs, mais à partirde son possible prore, de sa dimension spécifique. (…) on lit que “le phénomène fondamental du temps est l’avenir”. Cet avenir n’est pas à comprendre comme un maintenant non encore advenu, mais comme Vorlaufen, anticipation originaire, possibilisation. (…) l’unité des ekstases est elle-même ekstatique?
  35. P97, §2: (…) ni Aristote, ni Augustin, ni Bergson, ni Husserl ne réduisent strictement le temps en une suite de “maintenant”: l’horizon de la présence transcende cette ponctualité, en outre, ces auteurs n’ignorent pas les dimensiosn du “ne plus” et du “pas encore”.
    Durée bergonienne: constitué surtout à partir du passé. Métaphore de la boule de neige.
    Schelling: La première dimension dans le temps est l’avenir. (1804). Note n°2, Schelling écrit aussi à la même page que l’avenir est “le temps dans le temps”.
    Heidegger: Penser le temps à partir de lui-même et  comme horizon ultime.
  36. P98, §1: Bergson: il est possible d’être durée à condition que cette durée soit durée de la vie créatrice, non pure et simple temporalisation résolument limitée à l’horizon de la finitude.
  37. P98, §2: Heidegger, en 1924 “L’Existant, compris dans sa possibilité ontologique la plus extrême, est le temps lui même. En 1927, “La temporalité est le “hors-de-soi” originaire en et pour soi-même.” En 1928, “la temporalité est elle-même l’unité ek-statique s’unifiant dans la temporalisation ek-statique. … (…) “Ainsi, à partir du Même et en direction du Même, nous disions le Même.” Penser le temps à partir de lui même suppose un Soi du temps.
  38. P103, §2: À propos d’Heidegger: On peut, en outre, retourner l’objection: comment y aurait-il temporalisation ekstatique sans présentification minimale? L’interprétation “ekstatique”, Heidegger ne l’atteint justement qu’au terme d’une critique de la conception “vulgaire” et surtout de ses racines métaphysiques.  (…) Si je ne temporalise pas en montrant du temps, en l’identifiant, je n’atteins qu’une ombre abstraite.
    Dans la note n°2: Distinction entre vulgaire et traditionnel, chez les stoïciens ou s’affirme la précellence du présent, il faut distinguer entre le présent effectif, qui seul existe, et le présent comme incorporel ou “être de raison” soumis à la divisibilité des continus. (…) Entre la limite schématique du “temps vulgaire” et celle du temps “propre”, il y a l’ambiguïté du temps quotidien (que Heidegger ne reconnaît qu’en partie).
  39. P104, §1: (…) la pure conscience de la durée est évanescente ou, si elle veut se fixer en elle-même, se rabat sur l’identité.
  40. P104, §3: Inversement quand Heidgger veut méditer sur le principe d’identié, il est renvoyé à l’autre absolu du Même, la singularité temporelle ultime de ce qu’il a choisi de nommer Ereignis.
  41. P107, §2: La mesure est l’apparaître du temps. Mesurer, c’est temporaliser.
    Note 2: En principe, rien n’est plus simple: “Le temps est mesuré par des phénomènes successifs se répétant à intervalles réguliers” (Encyclopedia Britannica (…)). Cependant, nous présupposons la régularité de ces intervalles sans pouvoir la prouver, si ce n’est de manière circulaire: il est vrai que certains phénomènes physiques, mais tout calibrage repose sur le principe de l’égalité des périodes – qui n’a pas été prouvé. Sur cette circularité, voir Hans Reichenbach, Space and Time, .op. cit. p.115-116).
  42. P108-109: (…) l’appréciation du temps en un sens existentiel, affectif ou même philosophique n’exclut nullement que le temps mesuré avec précision soit éprouvé, traversé, pris comme référence, puis laissé de côté, pour être retrouvé sous la pression des circonstance.
    > Perso: en clair les deux temps sont légitimes.
  43. P11o, §2: David Landes: “Ce n’est pas l’horloge qui a provoqué un intérêt pour la mesure du temps, c’est l’intêret pour la mesure du temps qui a conduit à l’invention de l’horloge.”
  44. P111: historique de la mesure du temps, David Landes, son constant que la précision du temps dans certaines cultures était secondaire, malgrè un sens réel de la durée.
  45. P112: Le plus surprenant n’est pas que l’humanité ait – si longtemps et sous toutes les latitudes – ignoré notre temps homogène; ce qui est difficile à comprendre, et capital de préciser, c’est l’inverse: qu’une idée aussi peu naturelle (et affectivement peu gratifiante) que celle de ce temps homogène ait pu finalement s’imposer avec la puissance irrésistible que nous lui connaissons. Comment de nouvelles demandes ont-elles peu à peu appelé, facilité, exigé, puis imposé cette forme de maîtrise chronométrique, à partir d’unités homogènes de plus en plus fines?
  46. P115: impossible de soutenir que le “temps des horloges” forment une sorte de bloc monolithique, d’autre part que l’évaluation chronologique (au sens large) ne dépend pas en très grande partie des changements intervenus dans la mesure effective du temps (au sens étroit).
    Bergson: “le temps qui dure ne se mesure pas”. (Bergson, Durée et simultanéité, in Mélanges, Paris, PUF, 1972, p. 102.
    (…)
    Il n’y a pas de temps caché derrière ses actes de naissance et de croissance (en l’occurence, des déterminations de plus en plus précipitées). Les temporalisations sont bien celles qui sont rendues possibles dans le champ technico-pratique.
  47. p116: À propos de: la limite de l’histoire est notre présent mouvent (…) Paul Virilio pose à propos des pilotes de courses: n’est-il que “la vigie inquiète des probabilités catastrophiques de son mouvement”?
  48. P118: Bergson, œuvres: “Car si le temps, tel que se représente la conscience réfléchie, est un milieu où nos états de conscience se succèdent distinctement de manière à pouvoir se compter, et si, d’autres part, notre conception du nombre aboutit à éparpiller dans l’espace tout ce qui se compte directement, il est à présumer que le temps, entendu au sens d’un milieu où l’on distingue et où l’on compte, n’est que de l’espace” (œuvres, op. cit., p. 61-62)
  49. P119: En fait, les notions bergsoniennes de “durée pure”, “vraie durée”, “qualité pure” sont elles-mêmes des fictions méthodologiques reprises au piège de l’identité. Comment prendre mesure de la temporalité en évitant la dichotomie entre le qualitatif et le quantitatif? Il semble possible et souhaitable de ne pas reporter le qualitatif du côté d’une incommensurabilité censée absolue, mais de redessiner la limite entre le commensurable et l’incommensurable.
  50. P119-118: L’inconvénient majeur du mépris envers le temps quantitatif est de dissocier le temps physique ou cosmologique du temps psychologique ou phénoménologique. Or ceux-ci n’ont pas seulement un “droit égal” comme le soutien Ricœur: ils représentent deux pôles du procès de temporalisation, qui n’est jamais purement ni naturel-cosmologique, ni intentionel-phénoménologique. > pas deux temps mais temporalisations.
  51. P120,§2: Il n’est pas indifférent que la conquête de la précision chronologique transforme considérablement l’économie de notre temporalité vécue (…) la portée imaginaire-symbolique de ces transformations qui aboutissent au retournement paradoxal du mesurable en incommensurable (…) l’extraordinaire extension des échelles de mesure confronte, presque à chaque pas, avec l’immensité et, du même coup, oblige à repenser la portée de ces mesures.
    En note, voir à ce propos: Stephen Hawking, Une brève histoire du temps, trad. fr., Paris, Flammarion, 1992 sur les avancées de l’astrophysique et de la cosmologie et leur implication sur les problèmes espitémologiques.
  52. P120, §3: Peut-on avoir la même vue sur l’Homme quand le croit créé “il y a plus de quatre mille ans”, ou issu d’une évolution de millions d’années?
    Usage abusif de l’expression histoire de l’univers.
    Le temps cosmique est toujours mesuré par l’homme.
  53. P122: note n°1 “D’ailleurs, le nombre même qui exprime “l’âge” de l’univers est contingent, sinon arbitraire, et de signification douteuse. De fait, l’année est définie par la révolution de la terre autour du soleil. Mais la terre n’a qu’environ 5 milliards d’annéesü Que sont donc les 15 milliards d’années précédentes si la terre n’est pas là pour les scander? Il s’agit en fait d’une évaluation très indirecte, rapportée par un choix naturel certes, mais convenu, à une unité de temps actuelle” (Jean-Marc Lévy-Leblond, “La physique et l’infini en pratique”, Infini des philosophes, infini des astronomes, éed. F. Monnoyeur, Paris, Berlin, 1995, p 264)
  54. P122: note 2: À propos des variations de perspective et d’échelle de mesure: Elles sont encore renforcées par des progrès techniques, non sans des effets paradoxaux. Ainsi le “temps réel” des opérations télématiques, en particuleier sur Intenret, supprime le sens de la distance et instaure un espace de simultanéité universelle. Il se trouve, en fait, soumis à des rythmes nouveaux, liés aux fonctionnements et dysfonctionnements des réseaux. Une temporalité technologique se greffe sur la temporalité “naturelle”.
  55. P123: Pas de temps sans changement, et les mesures sont relatives à celles du changement, comme le soutient Aristote. (…) Si l’atome de temps, le chronon, est théoriquement concevable, l’expérience empirique ne semble pas le confirmer. Même la nanoseconde et la picoseconde ne sont pas des atomes de temps qui doivent être considérés comme des unités ultimes “livrant le temps” plus que les autres unités de compte conventionnelles (dont aucune n’est mesure du temps – au sens du génitif subjectif). S’il n’y a pas d’atome temporel, il n’y pas plus de “temps” comme instance ultime et unifiée, pour nous garantir que c’est bien lui, “en personne”, qui se donne et qui est mesuré.
    Cela implique le rejet du platoniscisme: existence autonome des modèles temporels séparés de la contingence de l’histoire humaine. (…) sépare le temps de ses conditions empiriques d’apparition et d’effectuation, et qu’on veut élever les propriétés temporelles à un statut apodictique.
  56. P124, §1: Newton-Smith: le fait même que le temps admette diverses typologies doit faire exclure que ses propriétés soient nécessaires. Mais c’est en repartant de l’expérience temporelle elle-même, en la décrivant phénoménologiquement, qu’on démasque le plus efficacement le caractère intenable du platonisme…
  57. P124, §2: Le mesurer, c’est le montrer et lui permettre d’advenir…
  58. P124, §3: Einstein: pas de temps absolu, la simultanéité est relative à des observateurs immobiles les uns par rapport aux autres. La simultanéité devient ainsi référentielle: la condition sine qua non de toute séquence temporelle est l’événement d’une mise en présence (2 observateurs ici).
    Pas de temps en soi ni scientifiquement ni philosophiquement.
    La relativité de ce que nous nommons “temps.”
  59. P125: Ensemble de la page: Penser la mesure comme acte de temporalisation, c’est revenir aux conditions concrètes et plurielles du surgissement temporel. Comment la temporalité “naît-elle”? Faire sa genèse est une démarche d’apparence circulaire (car elle suppose le temps qu’il s’agir de circonscrire), mais qui se reproduit constamment en tout acte de monstration/mesure d’une durée. Mesurer, c’est temporiser/temporaliser (…) temporiser pour mesurer du temps, c’est prendre le temps de prêter attention au temps.
    L’acte de monstration fixe un point, inaugure un laps, un cycle, une période. (…)
  60. P128…

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Dominique Janicaud, Chronos, Pour l’intelligence du partage, Collection Le Collège de philosophie, éditions Grasset et Fasquelles, Paris, 1997

Anne Secco, Du Simple selon G. W. Leibniz, discours de métaphysique et monadologie

Vendredi, janvier 22nd, 2010

Étude comparative critique des propriétés de la substance appuyée sur l’opération informatique “Monado 74″.

Ce livre a été parcouru rapidement, il n’est pas directement lié à la thématique de travail.

  1. P9-10: Importace du terme substance chez Leibniz. Sa lexicographie est passé au crible, l’auteur regarde le nombre d’occurence d’un terme, la proximité des mots. L’ensemble est schématisé sous la forme de philogrammes (sorte de toiles qui permet le rapprochement des notions).

Gilles Clément, Manifeste du tiers paysage

Vendredi, octobre 2nd, 2009
  1. P12 et pages précédentes: Le tiers paysage, une zone oubliée où les machines ne passent pas. Territoires de refuge à la diversité. Tiers état -> espace n’exprimant ni le pouvoir ni la soumission au pouvoir.
  2. P15 et suivantes: Notion de délaissé. Tout aménagement crée un territoire délaissé.
  3. P19 et suivantes: Les lieux, ensembles primaires -> Augmentation de la diversité, augmentation de l’endémisme.
    Les lieux délaissés: Diminution de la diversité, et diminution de l’endémisme.
    Les lieux gérés: diversité autour de zéro, endémisme autour de zéro.
    Voir schéma p20. Recensement des espèces des arbres dans une forêt, en fonction des trois critères qui précèdent.
  4. P24: Avant, existence de la Pangée (continent unique), il y avait moins de diversité, et l’exploitation de la terre revient à cet effet de Pangée.
    Personnellement: Le lien à Paul Virilio, sur la réduction des échelles (!!).
  5. P31: Notion de biome, l’espèce humaine dépassent les biomes pour les infiltrer tous. Voir schéma des biomes. (anthropo (??))
    Définition biome, wikipédia: Un biome (du grec bios = vie), appelé aussi aire biotique, écozone ou écorégion, est un ensemble d’écosystèmes caractéristique d’une aire biogéographique et nommé à partir de la végétation et des espèces animales qui y prédominent et y sont adaptées.
  6. P32: Tout énergie contrainte = toute énergie déployée pour contraindre la nature, et est contraire à chaque énergie propre de chaque être pour se développer. (??)
  7. P39: voir les schémas. L’urbanisation ferme le maillage autour des espaces à bâtir. Fermer la maille revient à la diminution de la continuité biologique.
  8. P43: Une forêt, un lichen constitue un tiers paysage. Les instruments d’appréciation vont du satellite au microscope. Les écosystèmes sont imbriqués.
  9. P48: Voir dessin qui décrit la différence entre une limite administrative d’une limite biologique (plus floue et étendue).
  10. P51: Évolution constante, risque d’effondrement. L’évolution inconstante se déploie sans hiatus par rétablissements successifs.
  11. P52: Distinction entre dispositif lamarkien et darwinien.
  12. P53: Le tiers paysage est un lien d’invention biologique.
  13. P64: Lien à la page 48. Considérer les limites comme une épaisseur, et non comme un trait (!!).

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Gilles Clément, Manifeste du tiers paysage, Éditions Sujet/Objet, LIEU, 2003

Michel Foucault, Les Hétérotopies

Mardi, septembre 29th, 2009
  1. Introduction musicale, Pierre Boulez
  2. Pays sans lieu. Histoire sans chronologie. Impossible de relever la trace sur aucune carte. Lieu dans la tête des hommes, dans leurs rêves.
    Lieux qui sont des utopies. Des utopies qui ont des lieux réels, et des temps réels. Les individus qui ont des lieux utopiques et un temps uchronique. On vit dans un espace quadrillé. Les régions de passage, les rues, les trains.
    Région fermé chez soi.
    Lien absolument différent -> contre-espaces (utopies localisées).
    Le fond du jardin, le grenier…
    Le lit des parents, nager dedans.
    Les hommes ont inventé les enfants. Les adultes ont leur contre-espaces, espace, jardin, cimetière.
  3. Rêve d’une science de l’hétérotopie. Les espaces absolument autres. Une science de l’hétérotopologie:
    a. Pas une société sans hétérotopie, formes variées et pas constantes. Exemples dans les sociétés dites primitives qui ont des lieux sacrés: Maison pour adolescents, ou pour les femmes qui ont leurs règles. L’auteur parle d’hétérotopies de crise. Selon Michel Foucault, ce genre d’hétérotopies n’ont plus lieu, elles sont remplacées par les utopies de la déviation. Des lieux pour les “déviants”, prison, asile. Par exemple, les maisons de retraite liées, l’oisiveté considérée comme une déviation.
  4. Hétérotopies comme le théâtre ou le cinéma (espace de l’écran, + espace projeté) juxtaposent les espaces incompatibles.
    Le jardin dans certains cultures a des aspects magiques. Les tapis orientaux, reproduction des jardins d’hiver. L’auteur fait un lien aux tapis volants qu’ils considérent comme des jardins mobiles.
    L’activité romanesque est une activité jardinière.
  5. Découpage singulier du temps, pas (??). Lien aux hétérochronies. Le cimetière est le lieu d’un temps qui ne s’écoule plus. Accumulation de temps dans les musées et les bibliothèques. Laisser se déposer le temps. Volonté d’enfermer tout un espace de tous les temps (idée moderne)
    Hétérotopies chroniques, lien au festif comme le théâtre et la foire. Villages de vacances, les paillotes de Djerba.
    Éternité, renouer avec des vieilles traditions, à l’inverse du musée et de la bibliothèque qui tentent d’effacer le temps (??).
    Hétérotopies, lié au passage et à la transformation, collège caserne, prison.
  6. Toute société peut faire disparaître ou créer une hétérotopie. ex: la disparition des maisons closes, substitués par les téléphones roses.
    Le cimetière, autre lieu qui jusqu’au XVIII siècle était au cœur de la cité. C’était un lieu moins solennel. Vers le XIX, vers une société plus athée, plus d’invidualisation des squelettes. Les cimetières vont hors de la ville car il s’installe une peur de la contagion de la mort. Cimetière des tuberculeux.
    Cinquième principe: système ouverture, fermeture isolé. On n’entre pas dans une hétérotopie comme dans un moulin: La prison, lieu lié à la purification.
    En amérique du sud, il y avait une petite chambre avant la porte d’entrée pour les gens de passage, mais ceux-ci n’entraient pas dans la maison. L’auteur fait un parallèle avec le motel américain.
  7. Les hétérotopies contestent les autres espaces. Cela crée une illusion qui dénonce le reste de la réalité comme illusion.
    Les colonies: valeurs imaginaires attachées
    Rêve de certaines communautés à des sociétés parfaites (jésuites Paraguay, communisme parfait tout réglementé)
    Le navire, hétérotopie par excellence.
  8. Le corps utopique. Le corps contraire d’une utopie, le lieu avec lequel au sens strict je fais corps.
  9. Corps, coquille, cage. Mon corps, le lieu sans recours auquel je suis condamnée. Les utopies sont nées de vouloir effacer le corps. Transfigurer le corps. Utopie d’un corps incorporel. Les fées, les lutins, corps ou blessures guérissent, où on volent, visible, invisible (??).
    Les momies, utopie du corps nié et transfiguré. Les gisants prolonger dans l’immobilité.
    Le grand mythe de l’âme: Elle se loge dans le corps mais s’en échappe et peut survivre. Pure, l’âme éternelle contre le corps pourri.
    Le corps a ses ressources. Des lieux sans lieu du corps, le corps a ses caves, ses greniers comme par exemple la tête avec deux fenêtres a un seul paysage continu (??).
    Les choses qui entrent dans ma tête, restent à l’extérieur puisque pour les rejoindre je dois m’avancer.
    Une partie de mon corps invisible sans miroir. Le corps fantôme qui n’apparaît pas avec un miroir, et indiscociablement la question du visible et de l’invisible (??).
  10. Le corps, premier lieu d’origine des utopies.
  11. Le grand acteur utopique: masque maquillage, tatouage.
    On dépose sur un corps un langage, un code, lien au sacré.
    Le vêtement fait entrer dans le religieux.
  12. Mon corps est toujours ailleurs, lié à tous les ailleurs du monde. Le corps, le point zéro du monde. Mon corps n’a pas de lieu mais c’est d’ici que rayonnent les autres lieux.
    Les enfants doivent apprendre qu’ils ont un corps global. Les grecs, et les romains n’avaient pas de mots pour désigner le corps (corps = cadavre). Le corps occupe un lieu.

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Michel Foucault, Les Hétérotopies, Ina mémoire vive, 2004

Théodor W. Adorno, Le Caractère fétiche dans la musique

Jeudi, septembre 17th, 2009
  1. La musique habite les poches de silence entre les Hommes. Fond sonore, objet d’une aperception.
  2. P16-17: Tout art léger et agréable est devenu illusion et mensonge. Positionnement esthétique en vis à vis de la musique commerciale. Chercher la dissonance pour rompre avec l’harmonie.
  3. P17-18: Le plaisir est apparence. Jouer sur son absence pour créer la frustration. Les compositeurs qui provoqueraient du plaisir de l’écoute sont des sentinelles de la culture, comme des lépidoptéristes.
  4. P25-26: Fétichisme, oublié que la voix est un matériau
  5. P31: Valeur d’échange des objets culturels supplante sa valeur d’usage.
  6. P40: Les vedettes prennent part dans les affaires familiales. La réification radicale à la radio produit son propre voile d’immédiateté et d’intimité.
  7. P46: C’est le geste même par lequel on la fixe afin de la conserver qui finit par provoquer la destruction de l’œuvre: car c’est seulement dans la spontanéité, que l’on sacrifie au moment où on la fixe, que se réalise son unité.
    Personnellement: Renvoie au travail de Christian Marclay (!!)
  8. P47: Fétichisme, chef d’orchestre, individualisation pour tirer des maximes universelles.
  9. P56: Remarque de Benjamin sur l’aperception du film pendant la distraction valent aussi pour la musique légère.
  10. P72: Les amateurs de musique légère se déclarent dépolitisés.
  11. P82: L’écoute régressive est si peu un symptôme de progrès dans la conscience de la liberté qu’elle pourrait brusquement disparaitre si jamais l’art, à nouveau en accord avec la société, abandonnait la voie du toujours-identique.
    À propos de Malher: C’est parce qu’il suspend leur concept de création qu’elles (les esthétiques musicales bourgeoises) se refusent à le trouver créatif.
  12. P84: Conclusion: Dans la musique aussi les puissances collectives liquident l’individualité condamnée mais seuls les individus y révèlent en revanche encore capables de représenter clairement le désir de la collectivité.

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Théodor W. Adorno, Le Caractère Fétiche dans la musique, Allia, Paris, 2007