Emmanuelle Michaux, Du panorama pictural au cinéma circulaire

  1. P8-9: Historique de l’image de grande dimension. Restituer un lieu dans sa totalité: Telle est en parite l’ambition de la “vue” qui s’inspire de la science carthographique.
    XVE siècle, apparition science topographie, développement des vues obliques des villes.
    XVIII, De Saussure, Esher Von de Linth publient des plans d’orientation panoramique horizontaux sur la chaîne des Alpes.
  2. P10,§2: XIXe, vogue des papiers peints panoramiques, représentation d’un paysage continu.
    Premiers panoramas, fin XVIIIe
  3. P11, §2: Cite Laurent Mannoni dans son ouvrage Le grand art de la lumière et de l’ombre: archéologie du cinéma, Paris, Nathan-université, P169-187: Le panorama pictural préfigure véritablement “le mythe du cinéma total” dans cette volonté de recréer “le monde à son image”.
  4. P11-12: Panorama à la jonction entre pictural et cinéma.
    Rapide historique des dispositifs de cinéma panoramique.
  5. P14 et avant: Histoire de Robert Baker, “Un lieu clos qui ouvre à une représentation sans limite du monde”.
    P15: étymologie, Panorama, vue d’un tout.
  6. P15-16: Problèmatique de l’illusion en supprimant la comparaison.
    > évolution des thèmes, nature, paysage urbain, exploits militaires.
  7. P20 et avant: Caractéristiques techniques.
  8. P20: Panorama comme art d’excellence pour les Beaux-Arts, car le plus proche possible de l’illusion.
  9. P24: Cite Prévost, spécialisé dans la peinture du panorama: “Si je disais: qui a vu le panorama de Londres est allé à Londres, je pourrais être taxé d’exagération; mais je ne serais que vrai en disant: Qui a vu le Panorama de Londres sera en état de s’orienter à Londres.”
  10. P25: Cite Chateaubriand troublé par les panoramas exotiques, qui amènent Athènes à Paris.
    Invention du Géorama, découverte du globe terrestre.
  11. P26: Néorama, vues intérieures, échec de l’expérience.
  12. P28: Échec des vues militaires, car abbération de vouloir mettre des personnages statiques, et créer de l’illusion.
  13. P30: Daguerre, Diorama, Walter Benjamin, “un précurseur espiègle de l’accéléré au cinéma”. Daguerre tente de donner une dimension temporelle à l’espace.
  14. P32: Descriptif du Diorama, qui par rapport au panorama immobilise le spectateur: “l’incorporation d’un observateur immobile dans un dispositif mécanique et sur son assujettissement à une expérience optique dont le déroulement temporel est préétabli (…)”
    Jonathan Crary, L’art de l’observateur, vision et modernité au XiXe siécle, Nîmes, Edition Jacqueline Chambon. 1994, pp. 162-163.
    Personnellement: Cela me rappelle un certain cinéma (!!)
  15. À partir de P34: Les panoramas à sensation de Langlois.
  16. P37: Langlois se consacre aux événements militaires: “le panorama naturalise l’histoire: il abolit la complexité des actes humains… et organise un monde sans contradiction puisque sans profondeur…” F. Robichon, Les Panoramas en France aux XIXe siècle, Thèse de doctorat, Nanterre, Université de Paris X, 1982, p.285.
  17. P38: Utilisation de la photographie comme repérage sur les champs de bataille > tendre à la perfection. La photographie permet une exactitude mathématique.
  18. P42: Les deux panoramistes, soldats, de décrivent comme peintres documentaires.
  19. P44: Vers 1889, exposition universelle, apparition thèmes de la science et l’industrie.
  20. P45: 1888, utilisation de la projection photographique, gain de temps dans la fabrication.
  21. P46: Panoramas photographiques, pas forcément circulaire. Avant l’invention du panorama photographique: la chambre noire est alors le moyen intermédiaire entre le réel et sa reproduction panoramique, garant de la fidélité au modèle.
  22. P47: Vers 1843, Antoine Claudet, deux vues de Londres.
    Frédéric Materns met au point un appareil, dont “l’objectif pivote, grâce à un mécanisme entraîné par une manivelle”. Description du procédé, vue de 38 cm de long sur 12cm de large. Procédé de balayage.
  23. P48: Langhenheim, 1845, panorama des chutes du Niagara. Charles Fontanay et WS Porter, panorama de 2,40m du port de Cincinnati (8 daguérréotypes)
    Ross, appareil panoramique, 120°, objectif rempli d’eau pour diminuer la réfraction.
    Johnson et Harrison, Phantoscopic caméra, 1862. L’appareil tourne sur des plaques de laiton.
  24. P49: Muybridge, panoramas de San Franscico
    Lieutenant-Colonel Mangin, la seule photographie cyclindrique anamorphosée qui nous soit parvenue.
  25. p50: J.R. Connon, 1889, appareil 360° grâce à l’invention de la pellicule.
  26. p51: Invention du cyclorama en 1895
  27. P52-53: Quatre types de photographies panoramiques.
    - Les vues de panorames, des vues allongées, une seule prise, une seule optique.
    - Les panoramiques, plus large, par le procédé de Martens, vue à 150°, perspective curviligne.
    - Panorama par juxtaposition de clichés, on distingue les panoramas en “travelling” et les panoramas circulaires.
    - Les panoptiques, prendre des photographies continues, égales ou supérieures à 360°.
    La photographie a donné au spectateur la possibilité d’une réflexion sur toutes les dimensions oscillant entre le cadre et son absence (…) à la différence de la peinture, tout ce qui en photographie dépasse les dimensions traditionnelles et propose une amorce de continuum spatial devient panorama.
  28. P54: Problème de perception chez le public, car la perspective utilisée est curviligne. Elle est différente des standards de la Renaissance.
  29. P55: Mais surtout, la photographie panoramique satisfait pleinement “ce désir d’une conquête visuelle de l’espace, au moment précis où les sociétés industrielles occidentales envahissenet et colonisent la totalité du globe”. André Rouillé, L’Empire de la photographie 1839-1870, Sycomore, 1982, P157
    Photographie panoramique, utilisée à des fins militaires.
    P56-57: En dehors du champ artistique. Vu aussi comme un moyen d’avoir des reproductions d’œuvres.
  30. p58: “La rapidité de production des photographies permet, en 1855 pour la première fois dans l’histoire, d’obtenir à partir d’un même “point central” plusieurs images différentes en un laps de temps assez court. Chaque photographie est isolément régie par la perspective linéaire fixe, mais “réunies” en série ou en panorama, elles construisent une perspective à directions multiples, ou, pour reprendre de Pierre Franscatel, une “perspective articulée”. Le producteur d’images n’est plus fixe devant la réalité que désormais il surplombe, mais animé d’un mouvement circulaire pour embrasser l’étendue du champ. Outre la rupture radicale qui s’opère ainsi avec la peinture de l’époque héritière de la Renaissance, on perçoit dans cette démarche les innovations futures de l’art mais aussi les prémices du travelling cinématographique.” André Rouillé, P160.”L’axe optique fixe détermine une rigidité et un fonctionnement particulier de l’imaginaire: “point de vue”, photographies cadrées, temps instantané. Mais dès qu’on imprime un mouvement au regard, on obtient une continuité de temps. C’est ce qu’il y a de fascinant dans ces recherches qui sont concomitantes, et qui sont la préoccupation non plus du rendu réel, mais de la reproduction du temps, cela sur la caméra cinématographique. Cette grande invention qu’est la pellicule sur support souple et continu a rendu possible les travaux des frères Lumière. de Marey, et de Damoizeau. On ne connaît presque rien de Damoizeau, pourtant c’est le personnage intermédiaire entre Mareay et Lumière. Il a construit un appareil avec le mouvement et avec l’espace, mais qui produit de la photographie. Alors que les autres ont aussi rapport au mouvement et à l’espace, mais sous la forme d’une projection. Les Lumière restant à l’intérieur du cadre, alors que Damoizeau en sort.”
    Joachim Bonnemaison (Collection), Panoramas, photographies 1850-1950, Arles, Actes Sud, 1989. P23.Martens 1863, apparaît deux fois dans une même photographie panoramique au Louvre. Pour panoptique, panoramas et panoramique, jeu sur la temporalité.
  31. P61: Début du XIXe, moving panoramas.
    P62: 1831, le Pléorama, vingt quatre personnes dans une barque où l’effet des vagues est simulé, et la vue change, mouvement de la toile.
    Padorama, voyage en train.
    John Banward, fleuve Mississippi
  32. P63: rappelons qu’en France, les effets de mouvement semblent dans un premier temps antinomiques avec l’expression picturale panoramique.De fait, le panorama n’est plus la représentation d’un point de vue à un moment donné, mais l’expression d’une réalité synthétisée, dans une dimension ouverte sur un temps raconté.
  33. P64: 1882, Bataille de Sedan panorama dont la salle bouge. Notion de spectacle total.
  34. P64-65: Brevet de MM Scratton et Common pour améliorer les panoramas mouvants avec un aspect de “direct”. Ils veulent relayer par téléphone ou par télégraphe l’actualité d’un événement. Voir citation.
    En créant une mobilité de la salle, le spectateur devient acteur de l’espace.
    1891-92, Poilpot, Le Vengeur, imitation d’un bateau.
  35. P66 et suivante: Historique des panoramas sophistiqués de l’exposition universelle de 1900. Le Stéréorama mouvant, le panorama transibérien (voyage de Moscou à Pékin de 45 minutes en travelling).
  36. p70-71: Description du Maréorama.
  37. P72-73: Le cinéma au moment de l’exposition universelle n’a pas encore sa place. W. Benjamin voit dans les efforts de théâtralité du panorama une préfiguration du cinéma parlant.
  38. P74: John Crary: “Un divorce de plus en plus grand entre l’expérience optique et tout référent stable”: “la vision est “déracinée” du système de représentation. Crary, P163
    Cinéorama, 1900, un panorama vivant. description P75 et suivantes (Montée en ballon). Invention d’un appareil.
  39. P78: Tournage pour le cinéorama, effet d’étonnement dans la foule. La caméra devient une attraction.
  40. P84: Le Cinéorama de Grimoin-Sanson a “réduit”, immédiatement le panorama à sa dimension picturale. (Malgré l’utilisation de films).
  41. P85: Travail du Monet sur les Nymphéas, autour de la restitution du sensible.
  42. P86: Sadoul considère Grimoin-Sanson et Baron comme les précurseurs d’un cinéma total.
  43. p89: Abel Gance, le temps de l’image éclatée: Pour cela, il invente une caméra triple, qui peut filmer sous des angles différents trois images synchrones qu’on projette ensuite sur un triple écran, au moyen de trois projecteurs également synchrones.
  44. p90: Gance: “Je ne crois plus beaucoup à la vertu d’une image, je crois en revanche à l’éclair qui jaillit au choc simultané de deux ou plusieurs images en nous dispensant ce don miraculeux: Le don d’ubiquité.
    Gance, cité par Daria S., Abel Gance hier et demain, Paris, La Platine, 1959, P110
    Pour cela, Abel Gance envisage une autre forme de montage, source de “nouveaux rythmes visuels”: Il ne faut pas seulement que les images s’enchaînent dans leur sens vertical les unes derrières les autres, mais il faut les associer horizontalement dans la même fraction de seconde, afin d’obtenir… les équations poétiques les plus extraordinaires, que les chocs d’images produisent dans leur présentation simultanée.” Gance P169.Selon l’auteur, Gance franchit une nouvelle étape: Désormais l’espace en grand format n’est plus obligatoirement conçu comme une totalité continue, mais comme un domaine morcelable en regard du propos créatif.
  45. P91: Gance, principe sonore polyphonique proche des panoramas picturaux.
    Échec de Gance.
    Invention par Henri Chrétien de l’Hypergonar, cinéma vertical (1927)
    P92: Ces deux derniers font des propositions artistiques en vue d’un spectacle totale, même s’ils ne vont pas vers un dispositif circulaire.

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Emmanuelle Michaux, Du panorama pictural au cinéma circulaire, Origines et histoire d’un autre cinéma, 1785-1998, Collection Champs Visuels, éditions L’Harmattan, 1999

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