Clinique de la procréation et mystère de l’incarnation : L’ombre du futur

Introduction Véronique Mauron et Marie André

  1. Page 1, paragraphe 2 : Plus que tout autre activité médicale, la PMA requiert la fabrication et l’analyse d’images. Elle se réalise entièrement avec et par des images : ultrason pour le prélèvement des ovocytes immunofluorescence, analyse informatique des différents paramètres du sperme (…)
  2. Page 3, paragraphe 2 : elle inscrit le regard dans l’acte de fécondation alors que l’oeil est proscrit dans la procréation naturelle.
  3. Page 4, paragraphe 2 : Selon le texte biblique, l’Annonciation manifeste 1 double moment : d’une part, l’ange Gabriel révèle à Marie son destin ; d’autre part, la fécondation se produit dans le ventre de la jeune femme. Les paroles prononcées par les protagonistes signalent précisément le temps de l’Incarnatio, c’est-à-dire la venue du verbe dans la chair : moment de la fécondation, commencement de la gestation de l’enfant. Voir la suite.
  4. Page 5, paragraphe 2 : la PMA entre en résonance avec ce récit fondateur – qui est aussi mis en image – par le fait que l’avènement de l’enfant n’exige pas la sexualité des parents, qu’elle est permise par un tiers, sorte de double terrestre de Dieu le père, et qu’elle utilise aussi des images pour approcher le moment de la fécondation.
  5. Page 6 paragraphe 3 :
  6. (…) Des liens étaient tissés de manière informelle entre le religieux et certaines actions de la PMA. La PMA révèle 1 dimension de sacralité qui est généralement occultée dans la procréation naturelle et qui transparaît de manière implicite ou explicite dans le discours des patients. (…) Indéniablement, la PMA a mis en évidence 1 événement singulier :  l’irreprésentable le de notre origine.
  7. Page 7, paragraphe 1 :
  8. Giorgio Agamben écrit « ce n’est pas le corps qui ait été technicisé, mais son image. »


Le Stade de l’image, Véronique Mauron

  1. Page 9: Microscopes, écrans, caméras, ordinateurs, permettent à la substance vivante de devenir visible sous la forme d’une image.
  2. Page 10, paragraphe 2 : toutefois, la vision de l’image dans le laboratoire constitue 1 expérience visuelle différente : en effet, l’image qui apparaît sur l’écran d’ordinateur est reliée à la présence directe et vivante des embryons sous le microscope. >> Relation forte au direct
  3. paragraphe 3: dans le laboratoire de la PMA, lorsqu’elles les gamètes prélevées sont mis ensemble dans la boîte de culture, on assiste à 1 phénomène d’incarnation. Ainsi la substance vivante n’est-elle pas seulement médiatisée par l’image mais prend-t-elle la forme d’une image. Nous pouvons alors définir l’embryon fécondé in vitro comme une image-substance.
  4. (…)
  5. Page 11, paragraphe 1: Cette image, hautement singulière dans l’histoire des images, incarne véritablement 1 substance vivante. En elle, le vivant prend forme. Elle n’induit pas une image de mais impose une venue en présence d’un corps en formation. C’est la venue du sôma (corps) dans le sèma (signe).
  6. (…)
  7. Lorsque l’embryon se trouve dans le corps de la mère, il n’existe plus en image-substance. (…) L’image-substance n’existe plus.
  8. Page 12 paragraphe 1 : on peut dire alors que le corps embryonnaire conçu par PMA passe par un stade de l’image.
  9. Paragraphe 2 : Tout au long du Moyen Âge, l’image était pensée comme une image-corps, cela au travers d’objets comme les reliquaires ou les images de dévotion (imago pietatis).
  10. Page 14 paragraphe 1 : l’image cultuelle, que ce soit 1 icône portative ou 1 crucifix, et perçue comme 1 corps vivant, et le personnage représenté – le Christ ou les saints – est envisagé non comme 1 simple portrait mais comme 1 présence charnelle déposée dans l’image.
  11. Page 15, paragraphe 2 : Pour Louis marin, l’hostie est donc 1 image consubstantielle, c’est-à-dire qui confond image et prototype. De plus, le corps qu’elle incarnait pas le corps mort du Christ mais celui du Ressuscité, un corps vivant.
  12. Page 16, paragraphe 3 : ces 2 modalités d’existence de l’image et du signe sacrés trouve 1 correspondance dans l’image de la PMA. L’embryon est présent comme image (visible dans 1 dispositif visuel) et comme corps (corps vivant, en devenir, celui d’un être singulier).
  13. Paragraphe 4 : (…) l’image prouve que quelque chose s’est bien passé, qu’une transformation des gamètes a bel et bien lieu.
  14. Page 17, paragraphe 4 : Il est capital de souligner que l’image-corps fait parti intégrante du réel. Pour les biologistes et les médecins, elle possède des propriétés particulières, car elle atteste 1 chair vivante. Entre l’être-en-image et l’être-du-corps, se produisent 1 superposition et 1 échange.
  15. Page 18, paragraphe 2 : voir numéro de 1976 Jean-Luc Godard 1 des scènes confèrent à l’image de pouvoir de fécondation : elle montre la formation du visage de l’enfant à partir de l’image de la scène d’amour entre ses parents.
  16. Page 18 paragraphe 3 : Timée de Platon > le monde né en même temps que son image (eikôn).

Fransceca Cascino, L’Apparition du temps

  1. P107, §3: Description Annonciation de Bonfigli, peinte vers 1450
  2. P108, §1: Saint Luc, après la mort du Christ, raconte l’annonce faite à la Vierge (…)
  3. P110, §1: Dans l’Annonciation de Bonfigli, le tiers est simultanément présent et absent de l’événement en cours. Saint Luc occupe sous nos yeux un espace dans le représentation; toutefois il est aussi absent, puisqu’il est une figure anachronique. Générateur d’un récit futur qui ne prendra forme qu’après la mort du Christ, l’évangéliste est optiquement présent mais historiquement absent.
  4. P111, §1: Un mode de présence similaire se retrouve dans la PMA où le médecin en qualité de figure de médiation a la caractéristique d’être à la fois  présent et absent.
  5. P111-112: Dans la tradition chrétienne, le récit de la conception du Christ fait aussi intervenir un tiers: le divin. L’iconographie de l’Annonciation montre combien la fécondation est rendue effective par le contact, le son, la lumière, l’air qui sont des éléments conducteurs de la fécondation et permettent le passage d’une fluidité invisible, qui inscrit la vie à l’intérieur du corps de la Vierge. Ainsi, ce sont des éléments étrangers qui fécondent le corps. L’ange, la colombe, le rayon de lumière sont les formes visuelles qui représentent le tiers au moment de l’Incarnation.
  6. P113, §1: Les Paroles de saint Bernardin de Sienne (…)
    “l’éternité vient dans le temps, l’immensité dans le mesure, le Créateur dans la créature, Dieu dans l’homme, la vie dans la mort (…) (…)” voir la suite – ce sont les propos auxquels se réfèrent Arasse. Référence à Arasse.

La lecture est plus complète, voir annotations dans le livre.

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François Ansermet, Marc Germond, Véronique Mauron, Marie André, Francesca Cascino, Clinique de la procréation et mystère de l’incarnation : L’ombre du futur, Presses Universitaires de France, Paris, 23 novembre 2007

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