Daniel Arasse, sur France Culture, à propos des Annonciations

Fichier Annonciation 1 – Daniel Arasse
Émission sur France Culture en lien avec le livre Annonciation italienne une histoire de la perspective édition Azan

Attention, cet article est publié sur la base d’un outil de reconnaissance vocale, la transcription est donc approximative. Vérifier notamment les italiques.

4 minutes 37 : appuyer sur les grands historiens comme Panofsky, la perspective comme forme symbolique 1927
la 1e oeuvre où le pavement est unifié est 1 annonciation
4 minutes 50: John Spencer, 1955, il constate que quand la perspective s’invente à Florence elle bouleverse l’annonciation et invente 1 nouveau type d’annonciation qui va dominer tout le XVe siècle toscan
je me suis contenté de mettre les 2 constats des historiens ensemble concernant l’affinité entre annonciation et perspective
5 minutes 26 : affinité entre annonciation et perspective paradoxale et parfois contradictoire
vers 6 minutes : comment sur 2 siècles et de demi un mode de représentation s’élabore et aboutit aux annonciations ?
6 minutes 20 : l’annonciation c’est le moment de l’incarnation. Et l’incarnation, c’est, comme le dit 1 prédicateur franciscain du début du XVe siècle saint Bernardin de sienne, l’incarnation c’est le moment où l’immensité vient dans la mesure, l’infigurable dans la figure, l’incirconscriptible dans le lieu, 1 série d’oxymore en particulier l’incommensurable vient dans la mesure.
6 minutes 44 : or qu’est-ce que c’est que la perspective, lorsqu’elle devient mathématique régulière quand elle s’invente régulière, c’est la commensuration des choses, c’est le terme qu’emploie Piero de la francesca, c’est le terme technique de l’époque, c’est la science permettant de représenter les proportions internes et relatives des choses par rapport à la position des spectateurs.
7 minutes 3 : quelle affinité a-t-il pu exister entre 1 thème iconographique la venue de l’incommensurable dans la mesure et 1 instrument figuratif qui est la forme symbolique de la commensurabilité
vers 7 minutes 29 : commentaire de l’intervieweur, l’annonciation est 1 récit
absolument. 1 récit laconique c’est le récit du pur dialogue sans aucune circonstance (…) C’est le pur dialogue entre l’archange Gabriel et la vierge Marie (…)
7 minutes 52: un point essentiel dans ce dialogue, pour que l’incarnation ait lieu il faut que la vierge Marie dise oui. Tant qu’elle n’a pas dit oui l’incarnation ne peut pas se faire et donc la mission de l’archange Gabriel est aussi 1 appel à la Caritas de la vierge, à l’amour de la vierge et c’est 1 échange de Caritas entre la créature et son créateur. C’est par Caritas que Dieu s’incarne pour sauver l’humanité, et c’est par Caritas à l’égard de Dieu que Marie accepte ce destin.
8 minutes 25 : cet échange de Caritas est d’ailleurs figurer dans certaines annonciations de façon très précise
commentaire de l’intervieweur sur la fête de la création de 25 mars
8 minutes 58 : George Didi-Huberman, l’a bien dit sur Fra Angelico, il y a 1 condensation des temps, 1 surdétermination temporelle dans les moments de l’annonciation, dans la mesure où l’annonciation est le début de l’histoire chrétienne de l’humanité mais c’est aussi la révélation du plan divin global, du salut de l’humanité, de la rédemption par Dieu dont la phase suivante sera la fin des temps.
Le commentateur revient sur l’hypothèse de départ
9 minutes 47 : beaucoup de gens aiment l’annonciation c’est 1 thème très aimé. Il y a 1 affect très fort autour de l’annonciation que d’ailleurs on croit-on qu’on ne croit pas que l’on sache que l’on en sache pas. La rencontre merveilleuse entre l’ange de la jeune fille se connote très fortement. (…)
Commentaire sur le fait que les gens ne savent plus exactement ce qu’est une annonciation
10 minutes 26: pour 1 chrétien, l’essentiel n’est pas la scène visible. Le dialogue de saint Luc ne situe rien, ne donne aucune précision anecdotique sur le cadre, etc.… L’essentiel pour 1 chrétien c’est bien sûr la fin du dialogue, la réponse de Marie (…) Qu’il soit fait selon ton verbe. Commentaires sur l’annonciation en latin.  l’incarnation est faite et l’humanité est sauvée.
11 minutes 05 : le secret de l’incarnation invisible au coeur de l’histoire visible de l’annonciation.
11 minutes 37 : mon livre montre comment certains peintres, pas tous mais certains peintres ont utilisé l’instrument de la visibilité qui est la perspective pour faire affleurer le mystère de l’invisible.
11 minutes 51 : il cite Bernardin: c’est l’invisible qui vient dans la vision, l’incirsconscriptible qui dans le lieu, l’immensité qui vient dans la mesure.
12 minutes 10 : La perspective, la géométrie disons, a permis à certains peintres de figurer par 1 écart interne la perspective, la présence d’un incommensurable dans le spectacle du monde mesurable.
Il cite de 5 ou 6 peintres importants. Il s’intéresse au rapport entre 5 ou 6 annonciations importantes et la masse de production des oeuvres
12 minutes 56 : l’annonciation 1 des thèmes les plus représentés de l’histoire de la peinture.
Commentaire de l’intervieweur le terme de perspective recouvre les types de représentation très différents
13 minutes 30 : 1e annonciation du siennois Lorenzetti, en 1344. Près d’un siècle avant l’invention de la perspective par Brunelleschi, et Donatello et Masaccio, Florence. En fait ce n’est pas 1 perspective c’est simplement le pavement du sol sur lequel est posé le trône de la vierge, le pavement est construit de telle sorte que toutes les lignes, tous les aplombs de fuite, convergent en 1 seul point. C’est ça la nouveauté, il s’agit d’une mise en géométrie du pavement, très relative d’ailleurs, pas encore d’une perspective et au sens où nous l’entendons aujourd’hui. La perspective au sens où je l’entends aujourd’hui c’est-à-dire régulière mathématique géométrique elle n’existe qu’à partir du début du XVe siècle.
14 minutes 18 : sous 1 même mot le mot de perspective se regroupent des conceptions et des pratiques différentes,  de voir par exemple comment la notion d’infini n’existe pas, enfin l’existe au 14e et au XVe siècle mais elle n’est pas à réaliser dans le monde.
14 minutes 40: La perspective, on le voit bien chez Lorenzetti ou chez Alberti ou ses successeurs, la notion d’infini n’existe pas réalisée dans le monde seul dieu est infini et le demeure. Seul Dieu est infini, le monde reste fini et il est comme le dit le philosophe contemporain Nicolas de Cuze, il est interminé. Interminé ne veut pas dire infini.
15 minutes 7 : c’est à ce moment-là que la venue dans ce monde clos, limitée, d’un infini en acte qui est Dieu et bien peut aboutir à des traitements extrêmement différents selon que l’on est au 14e au XVe siècle.
15 minutes 20 : (…)  Au XVIe siècle la problématique change encore.(…)   Les peintres faisaient appel à la lumière et aux nuages, aux nuées divines, pour éblouir ou cacher le réseau géométrique mesurable du monde humain et à ce moment-là le divin fait déflagration dans ce monde humain. Ce qui n’existe pas au XVe siècle. (…) D’un autre côté on constate à Venise et l’apparition à partir du milieu du XVIe siècle d’annonciations à perspective centrée régulière qui sont dépassées ailleurs en Italie et qui pourtant n’avait jamais existé auparavant à Venise.
(…)
16 minutes 10 : les perspectives de Véronèse de Tintoret ou de XX ne sont pas des perspectives mathématiques, ce ne sont pas des perspectives régulières. Ce ne sont plus des formes perspectives de la commensurabilité du monde (…) ce sont des perspectives théâtrales, proprement théâtral de fond de scène de théâtre. Mais du même coup les perspectives vénitiennes XVIIe siècle révèle des données latentes des perspectives toscanes du XVe siècle. Le fait que la perspective construit la scène d’une histoire.
16 minutes 39 : À propos de l’annonciation de Lotto pas de perspective. Lien entre Titien et Lotto.
19 minutes 16:1 masse d’annonciation considérable, chez moi au moins 2000 diapositives.
19 minutes 50:1 restreint son champ de recherche et s’intéresse au moment ou la perspective est liée à la commensuration des choses. Ce problème comment s’être posé vers 1420 à Florence quand la perspective devient 1 commensuration des choses, je commence par Florence (…)
Vers 20 minutes 31 : constate que les annonciations réalisées vers 1420 ressemblent à celle de Lorenzetti réalisé I siècle et demi plus tôt,  se trouve obligé d’y revenir.
Écoute à poursuivre

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