Nelson Goodman, Langages de l’art

Lecture débutée p. 79

  1. p. 86 §1: On peut dire qu’un objet exemplifie un prédicat ou une propriété lorsqu’il est littéralement ou métaphoriquement dénoté par un prédicat, et qu’il fait référence à ce prédicat ou la propriété correspondante.
    §2, l’exemplification est un mode de symbolisation important et largement en usage dans le domaine des arts et ailleurs.
    Exemple des échantillons du tailleur qui ne symbolisent pas toutes les propriétés.
  2. p. 87, §1: L’exemplification, c’est la possession plus la référence. (…) mais savoir exactement quelles propriétés du symbole on exemplifie dépend du système particulier de symbolisation adoptée. L’échantillon du tailleur ne fonctionne pas normalement comme échantillon d’un échantillon de tailleur; il exemplifie normalement certaines propriétés d’un matériau, mais non la propriété d’exemplifier de telles propriétés.
  3. P90, §2: Maintenant je viens d’interpréter l’exemplification comme une relation entre l’échantillon et une étiquette. (…) s’il est vrai qu’on peut dénoter n’importe quoi, on ne peut exemplifier que des étiquettes.
  4. P91, §2: Dans le langage ordinaire, la référence de “homme” à Churchill, et de “mot” à “homme” est sans équivoque une dénotation; tandis que, si Churchill symbolise “homme” et que “homme” symbolise “mot”, la référence est sans équivoque une exemplification. Dans le cas des images, bien qu’elles soient non verbales, l’orientation des rapports de référence est assuré par l’établissement de corrélations avec le langage. Une image qui représente Churchill, de même qu’un prédicat qui s’applique à lui, le dénote.
  5. P92, §3: un symbole à la fois dénoté et exemplifié par lui même: Ainsi “mot” se rapporte à lui-même, également “court” et “polysyllabique”,  mais non “long” ou “monosyllabe”. “long” est un échantillon de “court” (…)
  6. Pages suivantes, différence dans les domaines de la musique, de la gestuelle ou de la danse en exemplification et dénotation. P 95, un professeur de gymnastique.
  7. P95, §2: Le maître de gymnastique, à la différence du chef d’orchestre, fournit des échantillons. (…) La réponse appropriée à sa flexion de genou est une flexion du genou; la réponse appropriée à son cri “plus bas” (même s’il est proféré d’une voix aiguë) n’est pas de crier “plus bas” mais de fléchir davantage.
  8. P96, §2: (…) Mais d’autres mouvements, surtout dans la danse moderne, ont pour fonction première l’exemplification plutôt que la dénotation. Ce qu’ils exemplifient, toutefois, ce ne sont pas des activités stéréotypées ou familières, mais plutôt des rythmes et des formes dynamiques. Les motifs et les propriétés exemplifés peuvent réorganiser l’expérience (…) Mais il arrive que l’étiquette qu’un mouvement exemplifie soit lui-même; un tel mouvement, n’ayant aucune dénotation antécédente, joue le rôle d’une étiquette qui dénote certaines actions, dont elle même.

Lecture à poursuivre

Lecture reprise à P165

  1. P165-166: La partition n’est pas un simple outil – composante théorique fondamentale de l’œuvre
  2. P166, avant der§: Ce qui est requis est que toutes les exécutions qui concordent avec la partition, et seulement celles-là, soient des exécutions de l’œuvre.
  3. P167: §1 latitude pour désigner un objet, son lien à l’étiquette.
    §2, impossible dans la notation.
    P168: §1 une partition doit déterminer de manière unique la classe d’exécutions qui appartiennent à l’œuvre, mais la partition (…) doit être déterminée de manière unique, étant donnés une exécution et le système notationnel.
  4. P169: §1 schéma notationnel: tout schéma symbolique se compose de caractère, avec habituellement des modes de combinaison pour en former d’autres.
    §2, Une condition nécessaire pour une notation est donc l’indifférence-de-caractère entre les exemples de chaque caractère.
  5. P173, §1: (…) il faut que l’erreur soit au moins théoriquement évitable.
  6. P174: posséder la même forme (ou taille, etc.), n’est ni nécessaire ni suffisant pour que deux marques appartiennent à la même lettre. différence a A d
  7. P175: bad mdn
    §2, La disjointure est violée si une marque quelconque appartient à deux caractères différents, que ce soit en même temps ou en des moments différents.
  8. P177: §2 Dans la plupart des schémas symboliques, les inscriptions peuvent se combiner de certaines manières pour engendrer d’autres inscriptions. Une inscription est atomique si elle ne contient pas d’autre inscription: autrement elle est composée
    (…) qu’on classe des atomes en catégories (signe-de-note, signes-de-clef, signes-de-durée, etc.) et que les règles ne fassent pas seulement référence à ces catégories mais rendent possible une combinaison selon deux dimensions.
  9. P178: restriction dans la concaténation linéaire comme par exemple dans le français, toutes lettres juxtaposées ne font pas sens.
  10. P180: fin de la page, en français-objet, bien qui “cheval” et “vert” aient des concordants, “cheval vert” n’en a pas.
  11. P182: Voir le tableau relatif à la concordance.
  12. P187: Autour de la notion de redondance
    §1, le réquisit de disjointure stipule qu’aucun couple de caractère n’a quelque concordant que ce soit en commun ; de sorte que, non seulement deux classes-de-concordances différentes, quelles qu’elles soient, doivent, dans un système notationnel, être disjointes, mais deux caractères, quels qu’ils soient, doivent avoir des classes-de-concordances différentes.
    §2, sur la disjointure sémantique
  13. P188: fin de la page, (…) de nombreux caractères seront tels que pas même la mesure la plus fine puisse attester qu’un objet ne concorde pas avec chacun d’entre eux. Donc le système n’est pas notationnel.
  14. P189: fin §1, Si un système contient deux caractères «a» et «b», et si tous les objets pesant un kilo ou moins concordent avec «b», ce système – quels que soient les autres caractères et classes-de-référence qu’il puisse embrasser – manque de différenciation sémantique et la notationalité lui fait défaut.
  15. P191: §2, En résumé, les propriétés qu’on exige d’un système notatinnel sont la non-ambiguité, la disjointure et la différenciation syntaxiques et sémantiques. Il ne s’agit en aucune façon de simples recommandations pour rendre une notation bonne et utile mais ce sont les traits qui distinguent les systèmes notationnels – bons ou mauvais – des systèmes non-notationnels.
  16. P192: §2, système non notationnel, exemple de la jauge de pression sans indication
    Jusqu’à p. 194, exemple système notationnel ou non
  17. P195: Différence entre système digital numérique et analogique
  18. P196: fin, différence de précision entre un ordinateur digital et analogique
  19. P197: §1, la tâche de l’ordinateur digital est de compter tandis que celle de l’ordinateur analogique est d’enregistrer une position absolue sur un continuum. Les vertus réelles des isntruments digitaux sont celles des systèmes notationnels: caractère défini et répétabilité des lectures.
  20. P199: fin §1, aucun système dénué d’ambiguïté qui possède un schéma notationnel ne peut avoir un ensemble dense de classe-de-concordance.
  21. Jusqu’à p. 204, analyse des types de computation d’un ordinateur
  22. P205: §1, Certains diagrammes, dont les dessins industriels à l’échelle, sont de fait analogiques; mais d’autres, dont les diagrammes d’hydrates de carbone, sont digitaux; et d’autres encore, comme les cartes routières ordinaires, sont mixtes.
    (…)
    Par exemple on ne demande à de nombreux diagrammes en topologie que d’avoir le bon nombre de points ou de nœuds reliés par des lignes selon le schéma correct – la taille et la position des points, la longueur et la forme des lignes n’entrant pas ne ligne de compte. Manifestement, les points et les lignes fonctionnent ici comme caractères dans un langage notationnel (…)
  23. P206: §3, Dans de nombreux cas, un modèle est exemplaire ou un exemple de ce dont il est le modèle: le citoyen modèle est un bon exemple de civisme (…) Dans d’autres cas, les rôles sont renversés: le modèle dénote ce dont il est le modèle, et qui en est un exemple. La voiture d’un certain modèle appartient à une certaine clase. Un modèle mathématique est une formule qui s’applique au processus, à l’état ou à l’objet dont elle est le modèle. Ce dont il y a modèle est le cas particulier qui convient à la description.
  24. P207: §1, se passer du terme modéle. Ne pas le confondre avec échantillon.
    modéle dénotatif > à la différence des descriptions ils sont non verbaux. (…) sont en réalité des diagrammes, souvent en plus de deux dimensions et avec des parties qui fonctionnent; ou en d’autres termes, les diagrammes sont des modèles plats et statiques.
    Exemple de modèles
    modèles peuvent être traités comme des diagrammes.
  25. P217: Une partition est un caractère dans un système notationnel. Même dans la notation musicale, il s’en fait que tout caractère soit une partition, mais je compte comme partition tout caractère qui peut avoir des concordants (…)
  26. P218: §1, De manière analogue, je désigne souvent les concordants de tels caractères par le terme « exécutions », là où ces concordants ne sont pas, d’après l’usage ordinaire, exécutés ni même ne sont des événements du tout; et je désigne souvent les classes-de-concordance par le terme «œuvres» (…)
  27. P219: §1, la redondance si elle profite à l’œuvre est acceptable (copie de la partition).
    (…)
    toutes les partitions pour une exécution donnée sont coextensives; toutes ont pour concordants les mêmes exécutions.
  28. P220-221: Description partition musicale. Question de la concordance
  29. P222: fin de la page. La tradition semble l’avoir établie pour le présent à la quintuple croche – le 1/128 de note. Mesure minimale.
  30. Deux inscriptions-de-partition, l’une en base chiffrée et l’autre en notation spécifique, même si elles ont une exécution concordante en commun, ne sont pas de ce fait sémantiquement équivalentes ; (…)
    Le langage d’ensemble des partitions musicales, tant qu’il offre un libre choix entre la base chiffrée et la notation spécifique, n’est donc pas véritablement notationnel.
  31. P224: §1, (…) nous devons de nouveau reconnaître que le langage des partitions musicales n’est pas purement notationnel mais se divise en sous-systèmes notationnels.
    Exemples de terme pour décrire le tempo très nombreux, différenciation sémantique a fait long feu.
  32. P225: §2, Aucun manquement au tempo indiqué ne disqualifie une exécution d’être un exemple – si pitoyable soit-il – de l’œuvre définie par la partition.
    (…) Même une mauvaise exécution est plus juste qu’une belle exécution avec des fausses notes.
  33. P226: §1 (…) car par une série d’erreurs d’omissions, d’addition et de modification n’affectant qu’une note, nous pouvons faire tout le trajet qui mène de la Cinquième Symphonie de Beethoven aux Trois souris aveugles. Quoiqu’une partition puisse laisser non spécifiés de nombreux traits d’une exécution, et autoriser une variation considérable (…) une pleine concordance avec les spécifications données est donc catégoriquement requise.
  34. P227: Système non notationnel de John Cage
    Perso: retrouver l’application interactive dans laquelle on tend des cordes pour jouer des sons. (!!)
  35. P228: fin de la page, parvenir à une notation demande ici non seulement de fixer une limite à la déviation significative mais également d’avoir un moyen de réaliser la disjointure des caractères.
  36. P229: §2, Une telle latitude n’est pas incompatible avec la notationalité; même un système qui n’aurait que deux caractères, l’un ayant comme concordants toutes les exécutions de piano commençant par un do médian, et l’autre ayant comme concordants toutes les autres exécutions, serait notationnel – quoique dans ce système, il ne puisse y avoir que deux œuvres différentes.
  37. P230: §1, VJ arrivent à un contrôle exact. Mais sauf si c’est un peu comptage qui est en cause, aucun système notationnel ne peut atteindre une prescription absolument précise; la différenciation requiert des intervalles qui détruisent la continuité. Exemple système décimal (!!)
  38. P230-231: Classement de Karkoshcka
    notation précise / encadrée / suggestive / graphique musical
    Selon NG seuls les 2 premiers semblent notationnels.
    Dans ces trois premières classes, Karkoshcka écrit (p.80): “une œuvre entre dans les trois sphères de la notation précise, de la notation encadrée et de la notion suggestiove si elle a pour bases le système usuel des coordonnées spatio-temporelles, si elle est plus un signe qu’une esquisse, et si elle est graphiquement linéaire.
    Graphisme musicaux > systèmes analogiques.
  39. P233: Il n’y a, par conséquent, pas de classes d’esquisses repérables comme caractères d’un système notationnel, ni de classes d’images comme classes-de-concordance de ce système. (…) Le langage notationnel des partitions musicales n’a aucun homologue dans un langage (notationnel ou non) d’esquisses.
    §2, un système notationnel pour la peinture n’est pas impossible.
  40. P234: §2, Car ici l’enjeu réel de la question est de savoir si, grâce à un système notationnel, l’œuvre de peinture ou de gravure peut être libérée de sa dépendance à l’égard d’un auteur, d’un lieu, d’une date, ou de moyens de productions particuliers.
    (…) En bref, l’institution d’un système notationnel pourrait-elle transformer la peinture ou la gravure d’art autographique en art allographique?
  41. P235: §1, en peinture la question de la copie
    §2, Mais dans aucun de ces cas, une classe-de-concordance ne constitue une œuvre, pas plus que les animaux d’un zoo ne forment une espèce, ou que les exécutions d’une composition musicale ne composent une société.
  42. P236: §2, Adapter un langage notationnel aboutit à une double projection: des échantillons des différentes classes aux classes complètes, et des classes échantillons à la classification complète du domaine de référence. (…) ce qui fait problème pour développer un système notationnel dans un art tel que la musique, c’est la difficulté de parvenir à une définition réelle de la notion d’œuvre musicale.
  43. P237, §2: Ainsi la réponse à la question décisive relative à l’existence d’un système notationnel pour la peinture est non. (…) Mais nous ne pouvons pas inventer un système notationnel qui fournira, pour de tels œuvres, des définitions qui soient à la fois réelles (en accord avec la pratique antèrieure) et indépendantes de leur procès de production.
    §3, art allographique si la classification des objets ou des événements en œuvres est projetée légitimement à partir d’une classification antérieure et est complètement définie (…)
  44. P239: §2, à propos du script (écriture). Car un système notationnel peut avoir une infinité dénombrables de caractères premiers et une relation-de-concordance compliquée, alors qu’un langage discursif peut n’avoir que deux caractères – disons les mots «rouge» et «carré», avec pour concordants les choses rouges et les choses carrées.
  45. P240; §1 suite. Un script diffère donc d’un partition (…) du fait qu’il est un caractère dans un langage qui. ou bien est ambigu, ou bien manque de disjointure ou de différenciation sémantiques.
  46. P242-243: Exemple sur les étiquettes, et sur la coextensivité.
  47. P246: §1, Le texte d’un poème, d’un roman ou d’une biographie est un caractère dans un schéma notationnel. En tant que caractère phonétique, avec des énonciations comme concordants, il appartient à un système approximativement notationnel. En tant que caractère qui a des objets comme concordants, il appartient à un langage discursif.
    (…) les textes ne sont pas des partitions mais des scripts (…) La Guerre de Sécession n’est pas de la littérature; et deux histoires qui en traitent sont des œuvres différentes.
  48. P247: der § d’un son-m suivi d’un son-e ouvert suivi d’un son-r, certaines appartiendront au même caractère en tant qu’inscription de «mer», et les autres appartiendront au même caractère en tant qu’inscriptions de «mère».
  49. P248: §1, et l’identification de l’œuvre d’un exemple à l’autre est garantie par le fait que le texte est un caractère dans un schéma notationnel, dans un vocabulaire de symboles syntaxiquement disjoints et différenciés.
  50. P249: §2m Dans la peinture, l’œuvre est un objet individuel et dans la gravure, une classe d’objets. Dans la musique, l’œuvre est la classe des exécutions concordantes avec un caractère. En littérature, l’œuvre est le caractère lui-même. Et en calligraphie, pouvons-nous ajouter, l’œuvre est une inscription individuelle.
    Dans l’art dramatique, de même qu’en musique, l’œuvre est une classe-de-concordance d’exécutions.
  51. P250: §2, danse visuel comme la peinture, éphémère comme la musique.
    §3, Mais il va sans dire qu’une partition n’exige nullement de capturer tout la subtilité et la complexité d’une exécution. (…) La fonction d’une partition est de spécifier les propriétés essentielles qu’une exécution doit avoir pour appartenir à l’œuvre;
  52. P251: 3, notation implique classification antérieure
  53. P252: §2, Labannotation, elle réfute la croyance commune selon laquelle le mouvement complexe continu est un sujet d’étude réfractaire à l’articulation notationnelle (…) Laban nous offre un exemple élaboré et captivant du processus qu’on a fini par nommer «formation du concept».
    Labannotation description, voir le schéma, durée minimal voir note 22, c’est le seizième de mesure.
  54. P256: Plan en architecture, mélange de script et d’esquisse, mesure se donne au demi-millimètre près. (…) Donc, bien qu’un dessin ait souvent valeur d’esquisse, et une mesure chiffrée de script, la sélection particulière de dessin et de nombres dans un plan d’architecture vait comme un diagramme initial et comme une partition.
  55. P258: §2, Il est assez clair que toutes les maisons qui concordent avec des plans Smith-Jones duplex n°17 sont à titre égal des exemples de cette œuvre architecturale. Mais dans le cas d’un tribut architectural plus ancien à la féminité, le Taj Mahal, nous pouvons nous refuser à considérer qu’un autre bâtiment. tiré des mêmes plans, voire sur le même site, est un exemple de la même œuvre plutôt qu’une copie.

Article relatif à ce livre:

Goodman développe dans le chapitre IV de son livre une théorie de la notation assez formelle, dont on a pu dire parfois qu’elle était presque axiomatisée. Elle repose fondamentalement sur la notion de concordance (p. 179 sq.), c’est-à-dire sur la corrélation entre un schéma symbolique utilisé comme notation et un domaine de référence. La concordance est une dénotation, et elle est biunivoque quand on la conçoit en termes de classes. Une seule inscription de symbole peut concorder avec de nombreuses choses que Goodman nomme « une classe de concordance » de l’inscription symbolique (pensez à la multiplicité des exécutions d’une seule note de musique pour faire simple)

http://culturevisuelle.org/dejavu/167

_________________________________________________________________________________________
Nelson Goodman, Langages de l’art, Hachette littératures, Collection Arts Pluriel, éditions Jacqueline Chambon, Nîmes, 1990

Leave a Reply