Georges Didi-Huberman, La Ressemblance par contact

Introduction

  1. L’auteur revisite Walter Benjamin et l’ère de la reproductibilité technique. Lien à A. Warburg et à la notion d’anachronisme.
  2. P30: Ernst Cassirer, lien au geste et à La forme de l’agir.
  3. P32: Faire une empreinte, tissu de relations matérielles.
  4. P36: Pas de technique sans mémoire.
  5. P38: Notion de chaine opératoire.
  6. P45: Empreinte de main, connivence aisée de son index (contact) et de son icône (ressemblance).
  7. P65: La notion d’originaire / Fin dans l’histoire de l’art.
  8. P72: L’élément du contact est une garantie d’unicité.
  9. P90 et pages précédentes: formes auratiques, objets visuels à la fois apparaissant et disparaissant.
    Réversibilité de l’empreinte -> Unicité et pouvoir de dissémination, fantasme de la présence disséminée.
    Lien aux images achir0poïète, images non faites de la main de l’homme. Elles semblent à la fois exclure et nécessiter le contact.
  10. P93 et suivantes: Renaissance Vasari, idea au disegno. Il n’est plus question d’imprimer une matière par une forme sceau, mais d’exprimer une idée par une forme dessin: un disegno
    Chez Léonard de Vinci, c’est la peinture et non la sculpture qui a le statut de cosa mentale -> Lien personnel avec La Condition urbaine d’Olivier Mongin, la ville comme cosa mentale.
  11. P98: Empreinte du visage avec un moulage sur le vif. Masque mortuaire entre la vie et la mort.
  12. P100-101 et pages précédentes: Une sculpture ou buste réalisé à partir d’empreinte sans une intervention stylistique ne trouve pas sa place dans l’histoire de l’art. Il y a un rejet des théoriciens de la “contre-partie”, de la “contre histoire de l’art”.
    Par exemple, aucun intérêt d’attribuer un moule à Donatello, et il n’y a aucune forme de théorisation autour de ce métier infâme (fabrication des moules)
    -> Personnellement, on constate que les polèmiques sur le lien entre art et technique précèdent l’ère de la reproduction mécanique.
  13. P101: Paradigme de l’empreinte -> Matrice de la notion d’image
  14. p102: L’empreinte comme hypothèse technique sans crainte de produire des objets, sans craindre l’anachronisme
    -> Personnellement, revenir sur la notion d’anachronisme.
  15. P104: L’empreinte n’est pas considérée comme de l’art.
  16. P105: L’empreinte est associée à l’emprunt.
  17. P119: Forme issue d’une empreinte disqualifiée par son adhérence excessive.
  18. P121: La forme empreintée s’obtient à l’aveugle dans l’intériorité innaccessible du contact entre la matière substrat et sa copie en formation.
  19. P122: Quelle est la temporalité d’un objet produit par empreine?
  20. P123: L’empreinte est en dehors de l’histoire du style. Une main est pareille d’une époque à une autre.
  21. P128: David Danger a une approche monumentale de la sculpture, et déteste l’aspect réaliste de l’empreinte (imitation texture de la peau, etc.).
    -> Personnellement: Considération de la modélisation 3D. Existe t-il des masques mortuaires modélisés?
  22. P134-135: David Danger voit des hommes empaillés dans les masques mortuaires. Trop de plis et de texture -> Mort tégumentaire, contraire à la notion d’immortalité.
  23. P137: Tout le chapitre fait le lien avec la conversation avec LN. G. pendant l’exposition de Rodin. Prétexte allégorique, mythologique pour évoquer l’érotisme. Sculptures d’après moulages, texture de la peau.
  24. P145 et suivant: Cas de Casono (?? vérif.) qui copie les originaux et finalement les améliorer. Les copies rivales des originales. Les copies créent un répertoire de forme qui permettent un auto-engendrement.
  25. P157: Rodin, la photographie ment comme le moulage car sans mouvement.
  26. P159: Rodin utilise des séries de moulage comme autant d’éléments interchangeables, et crée une sorte de syntaxe.
  27. P167: Moulage chez Rodin: Mouvement substituant -> permettant de créer de nouvelles hypothèses organiques impensables du point de séculaire de la figure humaine.
  28. P174: Marcel Duchamp: Définition de l’inframince, il vaudrait mieux chercher à passer l’intervalle à “deux identiques” qu’accepter commodément la généralisation verbale qui fait reseembler deux jumelles à deux gouttes d’eau. (??)
  29. P176: Jean Baudrillard, “La fin des hierarchies”, -> personnellement, lien au journal du motocycliste
  30. P187 et avant: Marcel Duchamp, mort de la technique et de la fabrication. Lien aussi à l’invention de la photographie. Jean Clair, abécédaire et chronophotographie.
  31. P188-189: Lien entre l’œuvre de Marcel Duchamp et le photographique.
  32. P192: GDH prend justement cette position à revers: trop simpliste
  33. Voit dans le readymade, les mêmes enjeux que l’empreinte, il récuse la perte du métier. Rapprochement avec Donatello.
  34. P194: Hypothèse que l’empreinte est une procédure artistique.
  35. P203: Marcel Duchamp “idée de la fabrication”, Le Grand Verre, vocabulaire moulin, matrice, tamis -> Un monde de dispositifs techniques imaginés pour que des matières ou des corps soient livrés à l’action contraignante des “contres formes”.
  36. P204: Neufs moules malices emplis par du vide, “Mouleur du gaz”
    Créer du natif avec du négatif
  37. P205: Procédure La Forme par contact / inscription mouvante -> l’image par excellence de ce qui ne laisse pas capturer dans une forme.
  38. P206: “Empreinte mouvement” -> tous à la fois native et négative. L’erratum musical, motif de l’empreinte dans le temps déroulé et polyphonique d’une partition musicale. (!!)
    “Empreinte mouvement” commence avec la photographie (distance lumineuse), lien à l’imprimerie (contact, encre) (!!)
  39. P219: Marcel Duchamp, si un fil droit horizontal d’un mètre de longueur tombe d’un mètre de hauteur sur un plan horizontal en se déformant à son grè et donne une figure d’une nouvelle unité de longueur.
    Voir l’œuvre Trois stoppages-étalon. Hypothèse “abandon au hasard”
  40. Marcel Duchamp fait du cinéma à la main car impossibilité technique avec le rythme de la machine. Voir Anemic Cinema
  41. P221: Marcel Duchamp invente le concept inframince.
  42. P223: La chaîne opératoire, ici, consiste à passer d’une forme accidentelle (les feuilles déchirées et dissemblables) à une forme de l’accident productrice de sérialité et de ressemblance. Cette dernière “forme” n’a rien de métaphysique: Il faut y avoir un pur protocole technique de contre-forme ou de matrice qui retourne le sens philosophique du mot “forme” en faisant retour sur sa réalité artisanale.
  43. P230 et suivante: L’empreinte dédouble la Planche de Rorschach avec empreintes symétriques. Empreinte et symétrie par principe de charnière.
  44. P271: Le semblable tient au différent, et le différent au semblable.
  45. P274: Trois Stoppages Etalon, avec la notion d’écart. Ressemblances négatives
    -> le même comme négativité
    -> renversées réversibles irreconnaissables
  46. P280 et suivantes: Définition de l’inframince comme écart dans la vraissemblance / comme écart dans le temps /
  47. P282: Notion d’affleurement
  48. P302: Empreinte comme écart dans le temps / comme retard chez Marcel Duchamp (!!)
  49. P303: Marcel Duchamp, «pendule de profil», «Profil déchiré du temps».
    « (…) à chaque fraction de la durée (?) se reproduisent toutes les fractions futures et antérieures –
    Toutes ces fractions passées et futures coexistent donc dans un présent qui n’est déjà plus ce qu’on appelle ordinairement l’instant présent, mais une sorte de présent à étendues multiples –
    Voir Retour éternel de Nietzsche, forme neurasthénique d’une répétition en succession à l’infini.
    La Pendule de profil, avec la pendule de face permettent d’obtenir toute une perspective de durée allant du temps enregistré et découpé par les moyens astronomiques jusqu’à un état où le profil est une coupe et fait intervenir d’autres dimensions de la durée.
    Revoir»
    Marcel Duchamp, 1980, n°135. Cf. W. Drechsler, 1984, p. 187-193.
  50. P312: Liste des historiens de l’art avec un lien au vocabulaire de l’empreinte. Retour sur Aby Warburg.
  51. P314: La trace comme “devenir-espace du temps”. GDH renvoit à la notion de khôra chez Derrida.
  52. P321: Il différencie la démarche des préhistoriens à celui de l’historien. Un préhistorien ne peut pas, comme un historien plein de théories, refouler l’empreinte. Il imagine un préhistorien analyser un Donatello, un Rodin… En fonction image formée, du substrat, de la nature du pigment.
    -> point de vue ichnologique
  53. P324: Les formes sont des temps à X (??)
  54. Vocabulaire:
    Forclose: exclu, rejeté
    Ductilité: propriété de se laisser étirer, battre sans se rompre
    Axiome: Énoncé répondant aux trois critères
    - Évident
    - Non démontrable
    - Universel
    Énoncé admis (??)
    Heuristique: Hypothèse adoptée comme idée directrice indépendant de sa vérité absolue.
    Mettre en parangonne: Mettre en comparaison
    Téguments: Ensemble, tissu organique du revêtement externe: peau, poils…

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Georges Didi-Huberman, La Ressemblance par contact, archéologie, anachronisme et modernité de l’empreinte

Les Éditions de Minuit, col. Paradoxe, Paris 2008

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